Le droit à un procès rapide : l'arrêt Jordan avec Me Michel LeBrun
Me Michel LeBrun, avocat criminaliste, décortique l'arrêt Jordan de 2016 qui a révolutionné le droit à un procès dans un délai raisonnable. De l'arrêt Askov (1990) qui a provoqué l'abandon de 47 000 accusations en Ontario, jusqu'aux plafonds présumés de 18 et 30 mois établis par Jordan, il retrace l'évolution de ce droit constitutionnel fondamental. Une décision qui a transformé la culture judiciaire canadienne : « Justice delayed is justice denied » n'est plus qu'un principe, c'est désormais une règle claire et prévisible.
The Right to a Speedy Trial: The Jordan Decision with Me Michel LeBrun
Criminal defense lawyer Me Michel LeBrun breaks down the 2016 Jordan decision, which revolutionized the right to be tried within a reasonable time. From the Askov decision (1990), which led to the stay of 47,000 charges in Ontario, to the presumptive ceilings of 18 and 30 months established by Jordan, he traces the evolution of this fundamental constitutional right. A decision that transformed Canadian legal culture: "Justice delayed is justice denied" is no longer just a principle, it is now a clear and predictable rule.
Me Michel LeBrun, avocat criminaliste
LeBrun Provencher avocats, Trois-Rivières
Me Michel LeBrun pratique le droit criminel à Trois-Rivières depuis 1988, soit près de 37 ans d'expérience devant les tribunaux. Diplômé du Barreau du Québec, il s'est consacré à la défense des personnes accusées tout au long de sa carrière.
Reconnu par ses pairs, il a été élu bâtonnier de la Mauricie pour les années 2003-2004. Il a également présidé l'Association québécoise des avocats et avocates de la défense (AQAAD) jusqu'en 2022 et demeure membre du conseil général de l'organisation à titre honorifique.
Me LeBrun a été un acteur engagé dans les discussions entourant l'adaptation du système judiciaire pendant la pandémie de COVID-19, contribuant au dialogue entre la défense, la poursuite et la magistrature pour maintenir l'accès à la justice tout en respectant les impératifs de l'arrêt Jordan.
Me Michel LeBrun, Criminal Defense Lawyer
LeBrun Provencher avocats, Trois-Rivières
Me Michel LeBrun has practiced criminal law in Trois-Rivières since 1988, boasting nearly 37 years of experience before the courts. A graduate of the Barreau du Québec, he has dedicated his entire career to defending accused individuals.
Recognized by his peers, he was elected bâtonnier for the 2003–2004 term. He also served as president of the Association québécoise des avocats et avocates de la défense (AQAAD) until 2022 and remains an honorary member of the organization's general council.
Me LeBrun was an active participant in discussions surrounding the adaptation of the justice system during the COVID-19 pandemic, contributing to the dialogue between defense, prosecution, and the judiciary to maintain access to justice while respecting the imperatives of the Jordan decision.
Contenu
L'article 11b) de la Charte : un droit fondamental
« Tout inculpé a le droit d'être jugé dans un délai raisonnable. » Ce principe, inscrit dans la Charte canadienne des droits et libertés depuis 1982, reflète un adage juridique ancien : Justice delayed is justice denied. Me LeBrun explique pourquoi ce droit est essentiel : la présomption d'innocence devient illusoire si une personne doit attendre des années avant son procès, subissant entre-temps la stigmatisation, l'anxiété et parfois même la détention.
L'arrêt Askov (1990) : le premier séisme
Huit ans après l'adoption de la Charte, la Cour suprême rend sa première décision majeure sur les délais. Dans cette affaire de séquestration et d'extorsion, elle établit qu'un procès devrait normalement se tenir dans les 6 à 8 mois suivant l'enquête préliminaire. Les conséquences sont dramatiques : en Ontario seulement, plus de 47 000 accusations sont abandonnées ou font l'objet d'un arrêt des procédures.
L'arrêt Morin (1992) : la nuance
Face au « tollé » provoqué par Askov, la Cour suprême nuance sa position deux ans plus tard. Le juge Sopinka établit un cadre d'analyse plus souple, examinant au cas par cas la longueur du délai, la renonciation de l'accusé, les raisons du délai et le préjudice subi. Mais ce cadre complexe crée ses propres problèmes : les tribunaux s'« embourbent » dans des débats sur le préjudice, et une « culture des délais » s'installe progressivement.
L'affaire Jordan : les faits
Barrett Jordan est arrêté en décembre 2008 en Colombie-Britannique dans une affaire de trafic de drogue. Son enquête préliminaire prend plus d'un an et nécessite neuf jours d'audience. Son procès ne s'ouvre qu'en 2012 — un délai total de 49 mois. Sa demande d'arrêt des procédures est rejetée en première instance et en appel. L'affaire se retrouve devant la Cour suprême.
La décision Jordan (2016) : un nouveau cadre
Par une majorité de 5 contre 4, la Cour suprême abandonne le cadre Morin et établit des plafonds présumés clairs : 18 mois pour les affaires devant une cour provinciale, 30 mois pour les affaires devant une cour supérieure (ou devant une cour provinciale avec enquête préliminaire). Au-delà de ces plafonds, le délai est présumé déraisonnable. Le ministère public doit alors démontrer des « circonstances exceptionnelles » (complexité sans précédent, événements imprévisibles) pour justifier le dépassement. La question du préjudice à l'accusé est écartée.
L'arrêt des procédures : la sanction ultime
Lorsque le délai est jugé déraisonnable, le tribunal ordonne l'arrêt des procédures. Ce n'est pas un acquittement, mais la fin définitive du dossier : pas de condamnation, pas de dossier criminel, impossibilité de reprendre les poursuites pour les mêmes faits.
L'arrêt Cody (2017) : la confirmation
Un an après Jordan, certains espéraient que la Cour suprême nuancerait sa position. Au contraire, elle a « double down » : le message est clair, les plafonds sont là pour rester. « Ce n'est pas parce qu'il y a eu un tollé qu'on va revenir sur ce qu'on a dit. »
L'héritage de Jordan
Me LeBrun dresse un bilan positif : Jordan a transformé la culture judiciaire canadienne. Dès la fixation d'une date de procès, les parties discutent maintenant de leur « perception du délai Jordan ». Cette nouvelle approche proactive a même facilité l'adaptation du système pendant la pandémie de COVID-19, où avocats de la défense et de la poursuite ont collaboré pour développer des solutions comme la visioconférence.
Décisions marquantes analysées
- R. c. Askov (1990) — Premier cadre d'analyse des délais; 47 000 accusations abandonnées en Ontario
- R. c. Morin (1992) — Cadre nuancé avec quatre critères (longueur, renonciation, raisons, préjudice)
- R. c. Jordan (2016) — Plafonds présumés de 18 et 30 mois; renversement du fardeau de preuve
- R. c. Cody (2017) — Confirmation du cadre Jordan
Concepts juridiques expliqués
- Article 11b) de la Charte — Droit d'être jugé dans un délai raisonnable
- Arrêt des procédures — Fin du dossier sans verdict (ni acquittement, ni condamnation)
- Plafond présumé — Délai au-delà duquel le retard est présumé déraisonnable
- Circonstances exceptionnelles — Facteurs pouvant justifier un dépassement du plafond
- Délais institutionnels — Retards attribuables au système judiciaire plutôt qu'à l'accusé
- Mesure transitoire — Disposition permettant d'évaluer les dossiers en cours selon l'ancien cadre
Ressources
- Charte canadienne des droits et libertés — Article 11b)
- Code criminel du Canada — Dispositions sur les enquêtes préliminaires
- R. c. Askov, [1990] 2 R.C.S. 1199
- R. c. Morin, [1992] 1 R.C.S. 771
- R. c. Jordan, 2016 CSC 27
- R. c. Cody, 2017 CSC 31
- Comité d'action sur l'administration des tribunaux en réponse à la COVID-19
Content
Section 11(b) of the Charter: A Fundamental Right
"Any person charged with an offence has the right to be tried within a reasonable time." This principle, enshrined in the Canadian Charter of Rights and Freedoms since 1982, reflects an ancient legal maxim: Justice delayed is justice denied. Me LeBrun explains why this right is essential: the presumption of innocence becomes illusory if a person must wait years before their trial, suffering stigmatization, anxiety, and sometimes even detention in the meantime.
The Askov Decision (1990): The First Earthquake
Eight years after the adoption of the Charter, the Supreme Court rendered its first major decision on delays. In this kidnapping and extortion case, it established that a trial should normally be held within 6 to 8 months following the preliminary inquiry. The consequences were dramatic: in Ontario alone, more than 47,000 charges were dropped or stayed.
The Morin Decision (1992): The Nuance
Faced with the "outcry" caused by Askov, the Supreme Court nuanced its position two years later. Justice Sopinka established a more flexible analytical framework, examining on a case-by-case basis the length of the delay, the accused's waiver, the reasons for the delay, and the prejudice suffered. But this complex framework created its own problems: the courts became bogged down in debates over prejudice, and a "culture of delay" gradually took hold.
The Jordan Case: The Facts
Barrett Jordan was arrested in December 2008 in British Columbia in a drug trafficking case. His preliminary inquiry took over a year and required nine days of hearings. His trial did not open until 2012—a total delay of 49 months. His application for a stay of proceedings was dismissed at trial and on appeal. The case ended up before the Supreme Court.
The Jordan Decision (2016): A New Framework
By a 5-to-4 majority, the Supreme Court abandoned the Morin framework and established clear presumptive ceilings: 18 months for cases tried in provincial court, 30 months for cases tried in superior court (or in provincial court with a preliminary inquiry). Beyond these ceilings, the delay is presumed unreasonable. The Crown must then demonstrate "exceptional circumstances" (unprecedented complexity, unforeseeable events) to justify the excess. The issue of prejudice to the accused is set aside.
The Stay of Proceedings: The Ultimate Sanction
When the delay is deemed unreasonable, the court orders a stay of proceedings. This is not an acquittal, but the definitive end of the case: no conviction, no criminal record, and no possibility of resuming prosecution for the same facts.
The Cody Decision (2017): The Confirmation
One year after Jordan, some hoped the Supreme Court would nuance its position. On the contrary, it doubled down: the message is clear, the ceilings are here to stay. "Just because there was an outcry doesn't mean we are going to go back on what we said."
The Legacy of Jordan
Me LeBrun draws a positive conclusion: Jordan transformed Canadian legal culture. As soon as a trial date is set, the parties now discuss their "perception of the Jordan delay." This new proactive approach even facilitated the system's adaptation during the COVID-19 pandemic, where defense and Crown lawyers collaborated to develop solutions such as videoconferencing.
Landmark Decisions Analyzed
- R. v. Askov (1990) — First framework for analyzing delays; 47,000 charges stayed in Ontario
- R. v. Morin (1992) — Nuanced framework with four criteria (length, waiver, reasons, prejudice)
- R. v. Jordan (2016) — Presumptive ceilings of 18 and 30 months; reversal of the burden of proof
- R. v. Cody (2017) — Confirmation of the Jordan framework
Legal Concepts Explained
- Section 11(b) of the Charter — Right to be tried within a reasonable time
- Stay of Proceedings — End of the case without a verdict (neither acquittal nor conviction)
- Presumptive Ceiling — Period beyond which the delay is presumed unreasonable
- Exceptional Circumstances — Factors that can justify exceeding the ceiling
- Institutional Delays — Delays attributable to the justice system rather than the accused
- Transitional Measure — Provision allowing ongoing cases to be evaluated under the former framework
Resources
- Canadian Charter of Rights and Freedoms — Section 11(b)
- Criminal Code of Canada — Provisions on preliminary inquiries
- R. v. Askov, [1990] 2 S.C.R. 1199
- R. v. Morin, [1992] 1 S.C.R. 771
- R. v. Jordan, 2016 SCC 27
- R. v. Cody, 2017 SCC 31
- Action Committee on Court Operations in Response to COVID-19
Pour aller plus loin
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1. Quel article de la Charte canadienne des droits et libertés garantit le droit d'être jugé dans un délai raisonnable?
A) Article 7 B) Article 8 C) Article 11b) D) Article 12
Réponse : C) Article 11b)
2. Combien d'accusations ont été abandonnées en Ontario à la suite de l'arrêt Askov de 1990?
A) 5 000 B) 15 000 C) 47 000 D) 100 000
Réponse : C) Plus de 47 000 accusations
3. Selon l'arrêt Jordan, quel est le plafond présumé pour une affaire instruite devant une cour provinciale?
A) 12 mois B) 18 mois C) 24 mois D) 30 mois
Réponse : B) 18 mois
4. Qu'est-ce qu'un « arrêt des procédures » en droit criminel?
A) Un acquittement officiel B) Une suspension temporaire du procès
C) La fin définitive du dossier sans verdict de culpabilité ou d'innocence D) Un transfert vers un autre tribunal
Réponse : C) La fin définitive du dossier sans verdict de culpabilité ou d'innocence
5. Quel arrêt rendu un an après Jordan a confirmé que la Cour suprême maintenait son nouveau cadre d'analyse?
A) R. c. Morin B) R. c. Askov C) R. c. Cody D) R. c. Stinchcombe
Réponse : C) R. c. Cody (2017)
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1. Which section of the Canadian Charter of Rights and Freedoms guarantees the right to be tried within a reasonable time?
A) Section 7 B) Section 8 C) Section 11(b) D) Section 12
Answer: C) Section 11(b)
2. How many charges were stayed in Ontario following the 1990 Askov decision?
A) 5,000 B) 15,000 C) 47,000 D) 100,000
Answer: C) More than 47,000 charges
3. According to the Jordan decision, what is the presumptive ceiling for a case tried in a provincial court?
A) 12 months B) 18 months C) 24 months D) 30 months
Answer: B) 18 months
4. What is a "stay of proceedings" in criminal law?
A) An official acquittal B) A temporary suspension of the trial
C) The definitive end of the case without a verdict of guilt or innocence D) A transfer to another court
Answer: C) The definitive end of the case without a verdict of guilt or innocence
5. Which decision rendered one year after Jordan confirmed that the Supreme Court was maintaining its new analytical framework?
A) R. v. Morin B) R. v. Askov C) R. v. Cody D) R. v. Stinchcombe
Answer: C) R. v. Cody (2017)
Transcription complète
Transcription – Façonner le Canada
150 ans de décisions marquantes
Épisode 09 – Le droit à un procès rapide (Arrêt Jordan) avec Me Michel LeBrun
Durée : 49:09
Intro STD FR (00:02) Bienvenue à Façonner le Canada 150 ans de décisions marquantes. Le Canada que nous connaissons aujourd'hui ne s'est pas construit par hasard. Argument par argument, jugement par jugement, il a été façonné par le droit au sein d'un système de justice unique, né de la rencontre des systèmes britanniques et français et qui intègre désormais de plus en plus les traditions autochtones. Dans cette série, nous soulignons le 150e anniversaire de la Cour suprême du Canada en décodant les grandes décisions qui ont défini nos droits, nos libertés et notre identité collective. Droits criminels, droits autochtones, partage des compétences, des arrêts qui ne sont pas que de l'histoire ancienne. Ils façonnent encore notre quotidien. Je suis votre animateur, Hugo Martin, et à travers des rencontres exclusives avec les neuf juges de la Cour suprême et des experts constitutionnels, nous explorerons le contexte de ces jugements, leur impact et leur résonance aujourd'hui.
Laurence Laperrière (01:04) La justice retardée est-elle un déni de justice? Le paragraphe 11b de la Charte canadienne des droits et libertés garantit à toute personne accusée d'une infraction le droit d'être jugé dans un délai raisonnable. Pour explorer la portée et les limites de ce droit, nous recevons maître Michel Lebrun. Maître Lebrun est un éminent avocat criminaliste au cabinet Avec lui, nous nous penchons sur l'arrêt air contre Jordan, une décision phare de 2016 qui a profondément marqué le système de justice canadien en imposant des limites strictes aux délais judiciaires. Il s'agit de la cause de Barrett Jordan, qui a attendu plus de quatre ans avant de subir son procès pour des accusations liées à la drogue. La Cour suprême... L'assé de la complaisance du système face aux délais interminables a décidé de frapper fort. Elle a imposé des plafonds. 18 mois pour les cours provinciales et 30 mois pour les cours supérieurs. Si l'État dépasse ses délais, l'accusé est libéré. Comment le système a-t-il réagi à cet ultimatum? C'est ce qu'on explore aujourd'hui. Je suis Laurence Lapérière et je vous souhaite une bonne écoute.
Michel Lebrun (02:05) nom Michel Lebrun, je suis avocat de la Défense. Trois-Rivières 1988, ça pas loin de 37 ans. J'ai été président l'association québécoise des avocats et avocats de la défense, donc l'ACAD. J'ai été à 2022.
Hugo Martin (02:25) l'aide dans l'audio?
Michel Lebrun (02:25) J'ai également été bâtonnier pour les années 2003-2004.
Hugo Martin (02:30) Alors, Maitre Michel Lebrun, merci d'être avec nous. Bienvenue à «Façonner le Canada, 150 ans de décision marquante».
Michel Lebrun (02:39) de me recevoir, je suis bien faire à cette série.
Hugo Martin (02:43) Maitre Lebrun, on va discuter d'une décision qui est plutôt administrative, une décision qui a un impact sur la vie des Canadiennes et des Canadiens, mais qui pas directement liée à une seule affaire J'aimerais ça qu'on parle tout d'abord de l'article 11B de la charte canadienne, le droit d'être jugé dans un délai qu'est-ce qui se passait disons avant les années 2000, et comment s'était approché justement ce droit d'être jugé dans un délai raisonnable et qu'est-ce que ça veut dire?
Michel Lebrun (03:20) faut comprendre que la Charte canadienne des lois et libertés a été adoptée en 1982. il y a des garanties qui ont inscrits dans la Constitution, donc qui sont au-dessus des canadiennes, s'appliquent toutes les situations quand les personnes sont accusées. On parle d'un inculpé, donc une personne qui fait l'objet d'accusation en matière des droits qui particulièrement à l'article 11 et l'article spécifiquement la procès dans un délai raisonnable, qui est un principe qui a toujours été reconnue par la justice En anglais, on a dit « justice delayed is justice denied ». Donc, si la justice, procès en matière criminelle d'une personne qui fait l'objectif d'excusation n'est pas jugée dans un délai relativement rapide, elle subit une violation de ses droits, elle subit un préjudice n'a qu'à à l'époque où les gens étaient majoritairement détenus en attendant leur procès. ils purgent une peine avant d'être jugés. On est présumés le pour juger causer un à la fait en sorte tous les objectifs, la présomption d'innocence, de toute raisonnée, pratiquement mis en échec par le fait que...
Hugo Martin (04:17) Merci beaucoup.
Michel Lebrun (04:34) le dossier ne procède pas
Hugo Martin (04:46) l'internationalité. Il y a des questions de la question question question question question question question question question question question de question question de question de question question de
Michel Lebrun (05:04) a toujours été une préoccupation de la justice criminelle canadienne. on est dans un système en matière criminelle de common law, donc inspiré du droit est également la les Américains droit criminel. c'était une préoccupation de la justice britannique, de la justice américaine et de la justice canadienne. des dispositions qui prévoyaient, par qu'une enquête étape qui précède un jusqu'en 1995, le Code criminel prévoyait que cette enquête devait être tenue dans les huit moment où la personne comparaissait devait être reporté de huit jours en huit si l'accusé n'y consentait pas. Donc, c'est une qui est fondamentale parce qu'on a beau avoir tous les qu'on considère importants par exemple, la présomption d'innocence, le droit à un procès Ces garanties-là deviennent illusoires si le procès n'est pas tenu et la personne doit pendant... temps peut devenir déraisonné, on parle d'année avec sa la publicité qui peut être faite par fait qu'elle fait l'objet d'excusation, bien, à ce moment-là, le fait partie de la à un procès équitable. Il y a aussi le fait d'efficacité des procès, par exemple.
Hugo Martin (06:07) Merci.
Michel Lebrun (06:19) la mémoire des témoins. Il a des témoins qui doivent être dans le temps, il a des témoins qui disparaissent. Donc, il a un intérêt, pas seulement des accusés, mais également ce qui était reconnu de la société en général à ce que les procès avancent de façon diligente.
Hugo Martin (06:34) d'ailleurs, le but la linéaire 11B est un procès dans un délai raisonnable, mais aussi, c'est le droit à la sécurité de la personne. Vous en avez mentionné le droit à la liberté, vous l'avez mentionné aussi, et bien sûr, le droit à un procès équitable. Nous, ce qu'on veut parler aujourd'hui... c'est le fameux arrêt Jordan. Donc, Jordan, c'est 1997, mais il a un contexte qui est pré-Jordan. On parle d'ailleurs 1990. Donc, on est après l'adoption de la charte et on a une affaire qui s'appelle Askov en 1990 qui déjà... commence à parler de délais, Et Askoff commence à discuter de ça, mais c'est un peu critère.
Michel Lebrun (07:20) Effectivement, la Cour suprême qui existe depuis 150 vue confier en 82 une toute nouvelle mission qui est de la charte une nouvelle façon juste les lois sont passées comme le Code criminel, les garanties l'application de ces lois-là. Donc c'est un nouveau rôle que la Cour suprême s'est vue confier Parlement du Canada les provinces par l'adoption un peu révolutionnaire en fallu que les avant que les dossiers se retrouvent devant la Cour suprême, évidemment ça pris quelques années parce cours de première instance puis les cours progressivement ces dispositions-là et d'article 11B garantit le procès dans un délai raisonnable. Donc plusieurs décisions étaient rendues pour de circonscrire un peu ce c'est ce quelle est la fois que ce droit-là n'a pas été respecté. Et je dirais qu'en 1990, c'est peut-être la décision a fait un premier ces arguments-là et la Cour suprême. dans la décision était confrontée à des délais relativement on a comparé un délais qui avaient encourus dans ce dossier-là, qui était une affaire de crimes assez sérieux de séquestration, par aux pratiques ou aux délais qu'on peut considérer comme des délais de fixation de procès. on s'en est tenus. évaluation parce qu'il s'ajustait d'accusations pour lesquelles il y avait eu une enquête préliminaire. y a des dossiers pour lesquels il a deux étapes. Il y a une enquête préliminaire dans laquelle des témoins devaient être entendus pour justifier l'existence de l'accusation et un procès qui se tient à une autre date, une date ultérieure. C'était un cas comme celui-là. évalué que généralement, les tribunaux étaient capables de tenir un procès dans les 6 à 8 mois. notre élu de l'enquête préliminaire. C'est ce qu'on considéré comme un délai normal. dans cette décision-là, on a constaté délai pour le procès avait beaucoup 6 à 8 mois-là et a conclu que leur droit à un procès dans un délai raisonnable avait été enfreint Et la sanction à ce le été fait, c'est de considérer que la poursuite des aggraverait cette violation-là. Donc, les tribunaux ne aggraver causer une de ce On conclut qu'il n'y aurait pas de procès qui devait être tenu. Donc, ils ont donné ce qu'on appelle l'arrêt des procédures.
Hugo Martin (09:47) C'est drôle ce que vous nous dites, Maître Lebrun, parce que, en effet, c'est... a fondé dans des cas de délai pour être entendu. Donc, Askoff, c'est une décision de la Cour suprême du Canada de 1990 pour des accusations... de 1983, donc tout juste de la charte. ce jugement-là est fait en 90, une des raisons. Et là, je voudrais revenir juste un petit peu au cette affaire-là. Donc, Askoff, c'est un des trois coups accusés. En effet, séquestration, extorsion, des accusations graves. y a eu, comme vous nous avez dit, donc une enquête préliminaire. Vous nous avez dit procès criminels peuvent avoir deux étapes. L'étape de l'enquête préliminale. Dans ce cas-là, il y avait une enquête préliminale qui a en juillet 1984. Mais l'enquête n'a pu être terminée qu'en septembre 1984. Le procès est fixé à la première date disponible, selon ce dossier. En octobre 1985, la cause n'a pas pu être entendue et finalement, le procès a reporté en septembre 1986, donc deux ans. après l'enquête préliminaire, bien loin de notre six à huit mois que vous nous parliez tout à l'heure. Quand le procès a appelants ont demandé l'arrêt des procédures parce que le procès n'avait pas été tenu dans un délai raisonnable. Donc, le juge au procès, donc ce qu'on appelle, nous, en première instance, le juge du procès, en anglais le trial a conclu que la plus grande partie du délai l'envoi des appelants, donc l'enquête résultait de problèmes institutionnels et il a accordé ce que vous appelez l'arrêt des procédures. Cependant, la Cour d'appel, parce que ce dossier-là est arrêt en appel, donc le gouvernement, le procureur général, a porté ce dossier-là en appel. Et la Cour d'appel, dit, bien, il n'y a pas eu de faute de la part du ministère public. Il n'y avait pas d'indication d'opposition quelconque des de ⁓ Askoff et les co-défendeurs. à l'un ou l'autre des ajournements qu'il y eu et qu'il n'existait pas de preuves de préjudice réel aux aplans. Donc, pour nos auditeurs, le préjudice, veut dire que le délai, ça change rien vraiment dans leur Ça ne leur a pas causé de préjudice. Alors que, Lebrun, vous nous avez bien dit tout à l'heure, il faire attention. Je veux dire, là, tu es présumé innocent, mais ton procès est tellement long que finalement, tu es accusé tellement longtemps que ça peut peut-être avoir un impact sur ta réputation. et la Cour d'appel a ou a décision du juge de première instance décidé de faire un procès. Ils sont allés en appel à la Cour suprême du Canada et à la Cour suprême du Canada, ont dit non. en effet, les délais étaient déraisonnables. va laisser certains qu'il y avait 11 B, mais on parlait aussi de l'article 7 dans ce cas-là, donc il plein d'autres choses. Et ce la Cour suprême a dit, bien là, il a commencé à nous des critères. Les critères, c'est la longueur du l'explication des délais. la renonciation à des ces délais-là, et le préjudice subi par l'accusé. Plus le délai est long, plus il doit être difficile au tribunal de
Michel Lebrun (12:53) Exactement, voyez, ce nouveau rôle dont on parle de la Cour suprême depuis l'adoption de la c'est huit ans de la Charte, c'est un délai qui, pour nous, peut vous non, est relativement à court parce il a fallu qu'il ait des dossiers, cheminent auprès deux nos premiers récents, des cours d'appels, puis se retrouver devant la Cour suprême. ce rôle-là... de non seulement traiter du dossier qui devant eux, mais des je dirais en guillemets, même de ces La Cour a été confrontée avec ça, je vous dirais, de très importante au niveau de l'arrêt à Scof. Parce après avoir traité de cette décision-là, après avoir conclu qu'on avait excédé de beaucoup ce qui devrait être la norme en de délai. Donc, il avait eu une violation des droits de ces Il y a eu, au point de vue public, particulièrement en Ontario, parce que c'était des décisions qui les en termes de fixation de procès de y a eu énormément de dossiers qui ont abandonnés par le procurateur général, qui a compris cet estimé-là de 6 à 8 mois une certaine limite. En tout cas, c'est comme ça que ça a été compris. Et ça a le retrait de beaucoup d'accusations, l'arrêt des procédures beaucoup de dossiers, ce qui a entraîné une réaction du dans les un certain tonnelé en en matière de justice parce qu'il y avait des qui étaient sérieux. Ce qui a conduit la Cour suprême, lorsque la question s'est 1992 là on parle de l'arrêt Donc deux ans plus tard, la Cour suprême se retrouve avec encore une fois la question des délais est soumise. Et le juge Sopinka qui l'opinion de la Cour suprême dans son premier là on la conscient de je dirais, en matière de et particulièrement en matière de délai fait référence dans son premier paragraphe. aux réactions eu lieu suite à l'arrêt à Sikove et il parle quantité de 47 accusations qui auraient fait de retrait seulement en Ontario. Donc, c'est à la lumière de ce constat-là qu'on précise la pensée dans l'arrêt Morin et qu'on essaie d'établir un cadre qui, lui, pourra être suffisamment souple éviter
Hugo Martin (15:13) Merci.
Michel Lebrun (15:18) peut-être un serait radical que ce qui a été perçu au niveau de l'arrêt à permette aussi les tribunaux leur appréciation de ce qui constitue ou non un raisonnable ou pas, parce que c'est une question qui est quand même relativement complexe, ce qui justifie des délais, de raisons. Donc on a essayé d'établir certaines catégories.
Hugo Martin (15:42) Maître Lebrun, vous avez tout à fait raison, puis je pense que c'est important de citer le juge Sopinka. Il dit... la question, dit, est dans le présent pour fois. On parle de l'affaire Morin. Porte sur le droit d'un accusé d'être jugé dans un délai raisonnable. Ce droit est inscrit à l'article 11b, de la Charte canadienne des droits de liberté. Donc, voici le texte très tout inculpé, a le droit d'être jugé dans un délai raisonnable. Et là, il nous dit, bien qu'il soit séduisant par sa simplicité, ce libellé présente à la Cour l'un des défis les plus difficiles dans la recherche d'une interprétation qui respecte le droit du particulier à une époque où l'administration de la justice est aux prises avec une réduction de ses ressources et une augmentation du nombre d'affaires à entendre. En l'espèce, on demande à la Cour d'examiner nouveau le problème en tenant compte de l'effet sur l'administration de la justice de notre arrêt à Askoff. La preuve qui nous a présenté indique qu'entre le 22 octobre 1990 et le 6 septembre 1991, en Ontario seulement, il y a eu arrêt des procédures ou accusations dans plus de 47 000 cas.
Michel Lebrun (16:47) c'est là voit ce nouveau rôle de la Côte suprême depuis 1982, ce un peu législatif, si on La Cour suprême, on sent a pris fur et mesure de ses décisions ce constat-là de 1992... peut-être un peu le fil conducteur qui va nous conduire jusqu'à l'arrêt de Jordan décision qui sera rendue en 2016. Je pense Cour suprême a relevé le défi. C'est le législateur adopté la charte et qui imposé ce nouveau rôle-là à la Cour suprême. la Cour suprême a évoluer à travers tout ça et reconnaître les qu'elle devait mesurer, fait, dans une certaine mesure, l'ensemble des de ces pas simple dans des cas c'est un peu... ce qui cette introduction de la décision de Morin et cette préoccupation-là, on la reverra dans la l'arrêt de de quelle façon a été de à la fois les définis de façon claire, en fait, pour que les gens que veulent dire ces concepts-là, mais également... pouvoir les rendre applicables de façon pratique système ne s'effondre. Et on des mesures transitoires ou des suspensions qui ont été rendues par la Cour déclarations ont été faites, on donne quand même un certain temps aux législateurs pour s'adapter. Donc, c'est toutes des ont évolué seront... les résultats de ce constat-là de dég conséquences de ce nouveau
Hugo Martin (18:25) Et d'ailleurs, je pense que c'est important de mentionner c'est des facultés affaiblies dans Morin. c'est un procès qui s'est tenu dans les... 14 mois et demi après l'accusation. Donc, on est très loin d'Ascoff, donc des accusations beaucoup plus graves dans Ascoff et un délai beaucoup plus long. Et dans Morin la Cour suprême est venue nuancer, raffiner peut-être les fameux critères et ils venaient nous dire que, bon, regarder les délais, les facteurs qu'il faut prendre en considération, c'est la longueur évidemment du délai, la de l'accusé à renoncer à invoquer le délai. d'ailleurs c'est Morin je dois dire M. Morin a été imaginatif parce qu'il a dit au départ je voudrais avoir un procès à la première date disponible et lui ont donné cette date là qui était 14 mois et demi plus tard et l'avocat a aussi dit c'est bien la première date disponible. Le juge répondu oui, c'est tout. Donc, la première date parle de rénonciation. Le troisième point, la raison du délai et notamment les délais inhérents à la nature de l'affaire. Donc, une affaire plus compliquée pourrait prendre plus de temps, selon Morin, une affaire plus... simple, je dis pas que c'est simple, les affaires de facultés affaiblies mais plus communes, disons. Les limites des ressources institutionnelles, bien là on en parle, on le sait, ça va faire vraiment partie de Jordan. Et les autres raisons du délai et finalement le préjudice subi à l'accusé. Et là, ça, la question de préjudice, on l'avait dans Askoff, on l'a maintenant dans Morin et d'ailleurs le juge Lamar dans sa s'étend beaucoup sur l'aspect du préjudice. Donc pour l'instant, on ne pas maître Lebrun d'incompatibilité entre Morin et Askoff. C'est juste, on précise des choses et comme vous avez si bien dit, la Cour suprême vient de s'approprier son de façon sociétale. Donc on s'en va dans une décision qui va vraiment marquer la société canadienne. Donc, si je vous demandais au niveau des incompatibilités entre Askoff et Morin ou similitudes, je pense que Morin raffiner, venu peu préciser, venu nuancer un petit peu Askoff.
Michel Lebrun (20:39) pense ce qu'on peut lire entre les lignes, c'est sous-peuser dans chaque dossier plusieurs critères avant d'en venir à la conclusion que le délai est déraisonnable. Donc, d'individualiser l'analyse plutôt de s'en tenir chiffre qui avoir été établi le réascave et qui entraîné une réaction qu'on comprend. qui était peut-être démesuré. Donc, je pense que Morin est venu quand au cas par cas de avait au-delà tout devait s'effondrer, mais à cette puisse la Cour suprême a constaté en 2016 qu'on avait peut-être un peu trop de l'autre par la suite pour s'embourber dans une de considérations et de mettre l'emphase sur la question du préjudice subi par l'accusé. Et là, déjà la les juges ne perçoivent pas tous la même chose au niveau de ce qui constitue le préjudice. Je vous dirais, il a comme deux choses qui sont toujours a le préjudice qui vient avec le fait d'être accusé, donc le fait d'attendre son procès, c'est un est inhérent au fait de faire l'objet d'une accusation. Et il a le préjudice qui peut être dans des dossiers lorsqu'on parle de perte des témoins, de perte de de préjudice vraiment chaque dossier qui peut varier d'un dossier à l'autre. Et au fil des les positions des juges de la Cour suprême diverses un peu là-dessus sur qui doit le prouver le préjudice. et quelle est l'importance du préjudice pour considérer que le délai indélérable est le remède qui constitue l'arrêt des procédures. cet discussion, il s'est amplifié avec les années je pense que le a été été le réjordan, c'est dossiers identiques des délais qui peuvent se délais être considérés par certains tribunaux comme déraisonnables et pas par une analyse, je dirais, peut-être approfondie, mais ont fait trop de distinctions qui est préjudice dans ce dossier-là. Et pour en venir à la conclusion, rendue en 2016, après une vingtaine d'années en fait, critère de l'arrêt Morin, Cour suprême constate, c'est que les délais se sont amplifiés et que les délais qui acceptent de beaucoup les lignes directrices parce l'époque de l'arrêt Morin, on a mis des lignes directrices. On a dit normalement un procès où il a pas d'enquête préliminaire devrait être tenu dans un délai de 8 à 10 mois. Ce n'est pas une règle quand il a une enquête préliminaire, peut-être de 6 à 8 mois encore une fois après l'enquête préliminaire. Donc pour un délai total il y aurait une enquête préliminaire de 14 à 18 mois dans le fond, était des Mais là, en 2016, on se rend compte que les dossiers prennent beaucoup plus de temps que ça, de façon assez courante, on parle d'une culture de délai, où on des qualifie de systémiques, sont causés le manque de au niveau des tribunaux, au niveau des des poursuivants également, qui sont évidemment des entités on constate que les tribunaux à se rabattre pour dire oui, mais vous n'avez pas de préjudice, donc on arrêtera pas les procédures et justifie des délais de plus en plus longs.
Hugo Martin (24:13) Avant Jordan, ce qu'on apprenait ou ce qu'on pensait être des délais normaux d'attente pour une cause devant une cour provinciale. Donc, s'entend, des accusations criminelles, ce sont des accusations qui viennent du Code criminel qui est fédéral, donc qui s'appliquent pan canadien. Et une cause devant une cour provinciale, provinciale, donc c'est-à-dire au Québec, la Cour du Québec, la Cour provinciale en Ontario et chacune des cours dans chacune des provinces ou chacune des juridictions provinciales, a ce qu'on appelle une Cour provinciale. Et on parlait de cinq à dix mois pour une cause la Cour provinciale entre le dépôt des accusations et la fin du devant une Cour supérieure, on parlait de 14 à 18 mois, c'était des chiffres un peu souples qui varient selon la complexité du dossier. la conduite de l'accusé, la conduite de la couronne et les délais institutionnels. Et là, on s'en va en Colombie-Britannique, 2008. Je comprends que Jordan, c'est 2016, mais 2008, c'est le moment où Monsieur Jordan a été arrêté, décembre 2008, suite à une enquête de la GRC sur une opération de vente de drogue en Colombie-Britannique. Est-ce que vous pouvez nous parler un petit peu des faits de l'affaire Jordan?
Michel Lebrun (25:26) c'est un dossier dans lequel il y eu une enquête en deux Il y avait eu une période pendant laquelle Jordan avait été détenu. en attendant son procès, c'est quand même une illustre un peu le la nécessité les dossiers avancent de dillligent il y avait des coups dans ce dossier-là il y a de nombreux délais, je pense, à plus de plus qu'un an, je compléter l'enquête
Hugo Martin (25:53) c'est une affaire de stupé bien, une affaire de drogue, et l'enquête préliminaire a pris un peu plus d'un an, mais elle a nécessité aussi neuf jours d'audience.
Michel Lebrun (26:04) temps à récu parce un processus doit être fait par les parties de dire, on prévoit de pour l'enquête préliminaire. début, on prévoyait je pense que 4 jours ça a pris 9 jours. Donc ça a pris plus de qui avait été prévu. c'est des questions de gestion
Hugo Martin (26:18) son procès a été ouvert en 2012. Donc il a été arrêté en décembre 2008. Son a commencé en 2012. Son avocat a demandé des n'a pas été jugé, selon délai raisonnable. Et cette demande-là, lui, est rejetée. par un colombien pétrénique.
Michel Lebrun (26:39) Donc là, on parle un délai total de 49 mois. conclut pas subi de préjudice particulier délai. La Cour d'appel confirme cette décision-là et ça se retrouve devant la Cour supérieure.
Hugo Martin (26:54) Et là, la Cour suprême on lui dit, bien voyons, applique Ascov et applique Morin, puis la cause prime dit, non, on va changer notre cadre Parlez-nous-en un peu, c'est quoi les est-ce qu'il faut accorder un arrêt des procédures dans le cas de délai déraisonnable? Et comment on fait pour déterminer si ce délai-là est déraisonnable? l'arrêt des procédures, c'est quoi? Est-ce que ça veut dire qu'il jamais été accusé? Est-ce que ça veut dire simplement son accusation tombe? maître Lebrun accorder un arrêt des procédures, qu'est-ce que ça veut dire dans les faits pour l'accusé?
Michel Lebrun (27:31) Ça veut dire qu'on termine le procès. Ce n'est pas un acquittement, ce n'est pas une déclaration de non culpabilité, mais la fin du je vous dirais, étant présumé innocent tant qu'on n'est pas déclaré élimine en fait... de qui a été portée. Donc, a pas de dossier criminel qui peut être enregistré de condamnation et la personne n'a pas à être sentancée ou à être stigmatisée comme ayant commis cette infraction-là et ça empêche la poursuite des procédures. pour l'infraction qui était ça termine sans qu'il ait de le dossier.
Hugo Martin (28:12) a pas de
Michel Lebrun (28:12) Il a pas de bénéficient d'un arrêt des procédures. C'est la fin du des instances d'autres choses qui concernent les mêmes faits, en matière C'est la fin.
Hugo Martin (28:15) Ok. Donc, il y a une opportunité dans le cas de délai déraisonnable que la Cour ordonne ou accorde un arrêt des procédures. c'est quoi un délai déraisonnable?
Michel Lebrun (28:32) cette tangente-là n'était pas au moment des c'est venu, je dirais, de la a... fait un peu le bilan de l'expérience de l'application des critères depuis une vingtaine d'années et qui...
Hugo Martin (28:44) C'est ça, on s'attendait Ask Off, on s'attendait à un
Michel Lebrun (28:49) ce que la Cour suprême a comme rôle, effectivement, comme tribunal de dernière instance, et encore, je reviens un peu le l'adoption de la charte a confié à la Cour ça s'est traduit par ce constat-là de dire, voici les critères qu'on a établis dans l'arrêt Morin ont été étaprêtés par les d'une doit corriger parce qu'on n'atteint pas l'objectif. qui était recherché, c'est-à-dire le droit à un dans un délai raisonnable, plutôt on s'embourbe dans des notamment sur la question du préjudice subi pour justifier certains délais qui apparaissent trop longs donner des arrêts des qu'on soit de se référer des critères. l'autre qui vient de la Cour suprême, c'est de Le critère de Morin est appliqué regarder ce qui s'est passé une fois que les sont rendus déraisonnables. Est-ce qu'on pourrait adopter des critères qui vont permettre aux gens d'avancer? de prévoir les dossiers vont être l'objectif d'avoir des procès dans des délais raisonnables d'avoir un plan dès le début des procédures de s'y tenir et est d'une façon de faire. Je pense que ce constat-là s'imposait et je pense que des intervenants qui ont été depuis l'adoption l'arrêt en viennent à cette conclusion-là l'effet bénéfique c'était de la démarche devienne compréhensible par des parties dès le début des procédures.
Hugo Martin (30:28) Morin, c'est tellement intéressant ce que vous venez de nous dire là. La prévisibilité, savoir à l'avance. Donc ce qu'on savait dans Askoff puis dans Morin, c'est qu'on savait pas à quel moment ça devenait déraisonnable. Et quand on pensait que c'était déraisonnable, il fallait en faire à la preuve, il fallait dire, hey, on n'a pas été jugé dans un délai raisonnable conformément à 11B. Et il y avait aucune prévisibilité. Maintenant, vous nous dites que la Cour, au moins, penchée là-dessus et nous a un cadre. Et ce cadre-là... concrétisé par un plafond.
Michel Lebrun (30:57) a voulu simplifier les choses en d'un côté, on a constaté que les délais s'étaient allongés pour diverses raisons, de des raisons qui étaient inacceptables, mais il a la complexité des qui s'est accrue au fil des notamment raison des questions de la pour diverses raisons. l'ampleur des enquêtes aussi, puis des moyens. on établi un certain un plafond qu'on a qualifié de généreux. Donc, on a dit, on va aller plus où on allait à l'époque. On va vous en donner un peu plus en de délais, ça va nous permettre de dire que plafonds-là... n'aura plus à de quel est le préjudice que la personne a subi. D'attendre ce On va présumer que, dès que passer ces y a eu atteinte au droit d'un procès dans un délai raisonnable. Et à ce moment-là, la conséquence est de ne pas tenir le procès. Comme on l'a dit, d'en donner l'arrêt des procédures.
Hugo Martin (31:53) Vous le devoir en 2022 que les dossiers sont de en plus complexes et demandent donc plus de temps au juge. et c'est un constat que vous faisiez à l'époque, Et donc les juges, puisqu'ils ont des affaires plus difficiles, ils rendent des décisions très commandant un travail beaucoup plus haut pour la magistrature. Et vous avez dit aussi que la multiplication des arrêts de Jordan ne vous réjouit pas particulièrement. Un jugement qui se termine par un arrêt des procédures, c'est un peu comme un constat d'échec dans la gestion d'un dossier en particulier. Et pour nous, donc les abattants de la défense, Le message de l'arrêt Jordan c'est qu'il faut que l'État mette les ressources nécessaires.
Michel Lebrun (32:34) Je pense ce constat-là est toujours en et je pense c'est la vision de la Cour dès 2016 de dire cette complexité-là impose d'abord et avant tout de mettre les demeurent raisonnables des procès compte tenu c'est une préoccupation du système de justice et c'est maintenant une garantie constitutionnelle et ça depuis 1982. pense qu'il y a mise en de ces réalités-là qui a été faite en 2016. on a voulu simplifier, on a voulu donner le temps requis, des plafonds qui... par le système de justice, selon l'expérience qu'on en a antérieurement. Quand on parle de 30 mois, c'est quand des délais qui sont importants. 18 mois pour comparer et un procès.
Hugo Martin (33:26) Et là, on a des plafonds, donc un plafond présumé 18 mois pour les affaires instruites devant une cour provinciale et 30 mois pour celles portées devant une cour supérieure dans le des dossiers où il y a des enquêtes privilérables en cour provinciale. on tombe aussi à 30 mois. Ça, c'est des plafonds. Mais là, ça veut pas dire, maître Lebrun, que le 31e mois ou le 19e mois... c'est terminé, on ordonne l'arrêt des procédures. Donc, il y a quand même des étapes qui doivent être faites, mais on parle d'un fardeau. Donc, il quelqu'un qui doit le prouver et la personne maintenant ou l'entité qui doit le prouver, ce serait le ministère public.
Michel Lebrun (34:02) On comprend qu'on ne peut fixer des chiffres de façon arbitraire et des n'est pas du tout le Les délais qui sont en cause sont évidemment des délais qui sont causés par l'institution, c'est-à-dire le tribunal ou la poursuite. Évidemment, quand un accusé demande à reporter... sondaux aussi, ce ne pas des délais qui sont comptabilisés au niveau de son droit à un dans un raisonnable.
Hugo Martin (34:26) je comprends que le ministère public ou la Couronne va de renoncer à ces délais-là pour pas que ce soit computé dans le 18 ou dans le 30 mois.
Michel Lebrun (34:36) dès la défense est la cause du délai demande une le a la possibilité de ne pas considérer ce délai-là dans le présumé. souvent, pour que ce soit clair, on va demander à l'accusé si il au délai. si on est malade ou on pas disponible... ne pas les auxquels on peut attribuer la à l'État, à la poursuite ou à la magistrature ou au système de Il faut bien comprendre que ce qui est en cause, c'est les délais qui sont causés, qui ne sont pas la responsabilité de l'accusé.
Hugo Martin (35:11) Parle maintenant de dépassement de ce plafond présumé-là. Prenons 30 mois, disons, parce que c'est une affaire importante jugée devant une cour supérieure dans une des provinces. Donc on a 30 mois, on a dépassé le délai de 30 mois. Il arrive quoi, j'ai dit tout à l'heure, c'est un peu une boutade, mais il n'y a pas un arrêt des procédures le 31e mois automatique.
Michel Lebrun (35:34) la Cour suprême est soucieuse et consciente en de ne adopter des critères qui sont trop rigides. on prévoit qu'il peut y avoir des On va les délais qui ont été demandés par la défense, par l'accusé, mais on va également pouvoir mettre de l'avant qu'il survenue des circonstances qui justifient des qualifie de circonstances exceptionnelles. Par exemple, on pourrait d'un dossier qui est d'une sans précédent ou en tout cas exceptionnelle ou des événements sont imprévisibles, par exemple quelqu'un qui tombe un témoin peut tomber malade, un avocat, juge Donc, ce des choses qui sont imprévisibles par exemple des événements sociaux une pandémie.
Hugo Martin (36:18) évidemment la complexité pourrait devenir un méga procès. au niveau des événements imprévisibles, inévitables, maladies ou décès d'un un alibi ce qui peuvent être imprévisibles. Et ça... On parle du fardeau, de prouver, et là je comprends que c'est le ministère public qui doit démontrer ces éléments-là.
Michel Lebrun (36:43) là où les débats concernaient le préjudice de l'accusé et qui avait le fardeau de prouver le préjudice et tout ça, le système de justice s'est embombé dans Aujourd'hui, on a écarté la question du préjudice pour un peu s'en tenir les plafonds qui ce qui survient. et la démonstration du caractère inévitable de ce qui est survenu, qui fait qu'on a le plafond présumé. Donc, je pense qu'on a mis l'enface à la bonne place, je vous dirais, parce que c'est les délais qui sont occasionnés par le système en tant que tel. Donc, ça peut être les ressources des tribunaux ou de la poursuite ou de la police ou ces donc, la partie qui concernée, bien, c'est à elle de justifier. Je pense que... c'est une façon de traiter la question qui est efficace, qui est est en de suivre à partir du début du dossier.
Hugo Martin (37:35) je vais vous poser la question, en pratique, ça se passe comment au 31e mois? Est-ce que l'accusé va faire une requête, va présenter à la Cour? une demande d'arrêt des procédures et le ministère public va la contester et va faire une preuve que ces délais-là ne sont pas des délais, entre autres, institutionnels, que la complexité du dossier justifiait quelque chose ou il y a eu un décès d'une partie d'une personne importante. Est-ce que c'est comme ça que ça fonctionne? où le procès continue sans que personne le mentionne. Et j'ai une autre question aussi Est-ce que le juge pourrait chers amis, ça fait 39 mois madame a été accusé. Comment ça se passe en dans la salle d'audience, ça fonctionne comment?
Michel Lebrun (38:22) ça va être l'accusé qui va le Le un peu le gardien des accusés. Donc, un siège, des fois il des gens qui ne pas représentés, peut se faire un peu le gardien de ses droits fondamentaux et c'en est un qui est très important. un juge pourrait peut-être le soulever de lui-même, mais généralement ce qui va se produire, c'est que l'accusé le soulever et... Avec le temps, on a accusés qui des droits garantis par la Charte de le faire par écrit au moyen d'une requête écrite dans des délais raisonnables pour permettre une réponse de la poursuite un avis d'audition. Mais ça se fait généralement, je vous dirais, avant que le procès soit tenu parce que ce qu'on annexe, c'est que ce procès-là ne pourra pas être tenu dans un délai raisonnable. Donc, il ne devrait pas se tenir. donc, c'est la façon, je dirais, générale de le ce que les tribunaux ont pris d'habitude de faire et je pense que ça fonctionne plutôt bien. Puis au niveau d'efficacité qu'on voulait avoir au niveau de ces requêtes, là je pense que l'objectif est atteint. Il va demander aux partis d'établir un leur perception de ce que sont les délais. Donc, c'est comme ça ça fonctionne au Québec généralement et je pense que dans les autres provinces Généralement, on va se rendre compte seulement quelques portions du délai total qui vont faire l'objet de contestation, ce qui permet de bien cibler question qui à être décidée à éviter perde tout questions sur lesquelles on est ce qu'on constate au niveau de la pratique, c'est que... l'avocat de la Poursuite et l'avocat de la Défense vont généralement établir un tableau où les portions qui ne sont pas contestées des sont soumises au tribunal le débat ne portera que sur ajournements pour on prétend que la responsabilité devrait être attribuée à la Poursuite, à la Défense ou même... des délais qui sont Les tribunaux vont jusqu'à souvent partager la responsabilité de certains délais.
Hugo Martin (40:18) Revenons maintenant à Jordan. Dans Jordan, on a un 5-4. un changement de cap qui était radical et qui était demandé par tout le monde. Le juge en chef n'était pas juge en chef à l'époque. C'était la juge McLoughlin, si je me souviens bien. Mais ce qu'on la majorité, Abela, Moldaver, Caracatzanis, Côté et le délai est déraisonnable. Point à la ligne. ils nous donnent ce nouveau cadre-là avec les plafonds. Maintenant, les juges McLoughlin, Cromwell, Wagner et Gascon. disent que la jurisprudence élaborée par la Cour au cours des 30 dernières années pour traiter les allégations de volation de 11B permet de répondre clairement à la question posée par le président Pauvois. Il n'est pas nécessaire d'aller dans la direction entièrement nouvelle empruntée par les juges Qu'est-ce que vous pensez? Est-ce vous voyez Jordan comme étant une
Michel Lebrun (41:20) On avait tous compris qu'il y avait un Tout le monde parle de culture des délais et de l'explosion des délais. On le constatait à cette au Ce qu'on voit, c'est que c'était le cas dans les autres Quelle était la Les quatre juges minoritaires disent qu'il faut mieux expliquer les continuer avec les mêmes critères de l'arrêt morin. mieux préciser pour éviter justement de s'embourber comme on le fait depuis quelques années et de créer la dans on se retrouvait. La majorité, propose une nouvelle c'est qu'ils on s'embourbe dans on a mis trop d'emphase notamment, la question du préjudice, comment est-ce qu'on le détermine. C'est difficile de dire, bien capacité de défendre a été affectée ou moins, puis ça, on peut juste le faire une fois ait trop de pour réagir. l'ampleur du problème qui a été constaté a justifié cette réaction-là de la part de la majorité et je pense que ce que la craignait, c'est-à-dire de repartir à zéro cette nouvelle solution-là cause plus de problèmes, je ne pense pas que ça s'est concrétisé. Je pense que la Cour suprême est dans la même année avec le réaffirmer en fait, il y eu une tentative je dirais du côté de la poursuite de dire, bon, peut-être atténuer ce qui avait été dit le caractère je dirais radical de la majorité dans Jordan et je pense que là la Cour s'est comme rassemblée en disant, bien là on a décidé et tout le je pense que le message de l'arrêt Cody qui suivi l'arrêt Jordan est un message fort pour dire, on l'a pris cette tangente-là et on s'y tenir et je pense que depuis ce la est dans le camp du système de de s'y adapter. Je pense ce devait être envoyé et il a été reçu. Je pense que quand même quelques années et que ça n'a pas été parfait dès le départ, mais je pense qu'on à récolter des peu de cette approche-là.
Hugo Martin (43:17) oui, nos disent bien... que le cadre établi dans Morin pour l'application de a engendré des problèmes sur les plans tant théoriques que pratiques, concourant ainsi à une culture des délais et de complaisance à l'endroit de cette culture. Sur le plan théorique, ce cadre d'analyse est trop imprévisible, le disait-il, de Morin, trop difficile à saisir et trop complexe. Il est devenu lui-même un fardeau pour les tribunaux. vous nous l'avez dit, s'enbourber dans ce calcul-là, s'enbourber dans cette nouvelle façon de calculer. Donc, il est devenu lui-même un fardeau, les tribunaux de première instance, déjà surchargés. Et d'un point de vue pratique, la justification après-coup du délai sur laquelle débouche le cadre établi dans Morin n'incite pas les participants au système de justice à prendre des mesures préventives pour remédier aux pratiques inefficaces. et au manque de Vous êtes quand même maître Lebrun, un avocat de la défense. Est-ce vous pourriez nous dire si Morin et Askoff auraient été utilisés justement de façon à bénéficier vos clients?
Michel Lebrun (44:29) La Cour suprême en parlait disent à certain moment donné, c'est le un procès dans un délai raisonnable est un bouclier. Ne peut pas être utilisé comme une des on pourrait avoir l'impression que des laissent aller certains délais ou ne manifestent de coopération dans l'espoir dans des vues, cela résulte là. En qui est concerné, c'est les obligations de la poursuite. la défense ne des ressources judiciaires, peut l'utilisation de cours des tribunaux. ou les priorités de la poursuite. Donc nous, a seulement un client à la fois, seulement un je pense c'est une conséquence. Ce pas un objectif, c'est plutôt une de cette situation-là. il n'y a pas vraiment de possibilité pour avocats de se concerter d'avoir une stratégie. Et surtout pas à la lumière des principes de la Red que ça puisse devenir une stratégie d'obtenir en fait. de créer une situation qui fait que le délai devienne
Hugo Martin (45:30) Parlons maintenant de l'impact. Vous avez quand même soulevé Codi tout à l'heure. après Jordan, un très important a Codi où beaucoup de gens, de juristes, avaient pensé que la Cour suprême aurait... nuancés. pas ça qu'ils ont je dirais, j'utiliserais l'anglais, des double downs. confirmé, ils ont affirmé ça. Et ce que vous nous avez dit tout à l'heure, « justice delayed is justice denied », c'était un principe qui est ressorti, de Cody. Et qu'est-ce que vous de l'héritage, Jordan.
Michel Lebrun (46:08) l'expérience, je dirais, à Askov-Morin, les conséquences qui ont été perçues comme étant catastrophiques l'impact de cette décision-là qui était dans l'arrêt Morin après l'arrêt à je pense que la Cour de cette expérience-là et lorsque l'arrêt Jordan a été rendu, qui, certains ailleurs, est peut-être encore plus radical en termes... de direction. Là, on on va fonctionner de cette façon-là, ça va être simple, puis vous devriez vous y Je pense l'enseignement ce que la Cour suprême avait également de ce d'énoncé-là, bien, on le l'intérieur de Ray Jordan parce qu'on appelle la mesure transitoire exceptionnelle. Donc, on a dit... Ce qu'on vous dit maintenant devrait être appliqué, mais on est conscient qu'il a des dossiers qui déjà en marche, où les ont atteint une certaine longueur et ne respectent pas cette nouvelle façon de percevoir les choses. à cet égard-là, lorsque vous traîtraz de ces dossiers-là qui sont il faut donner un aux gens à comprendre ces nouveaux enseignements-là et... on devra examiner ce qui est déjà en cours à la lumière des anciens principes, de dire si les parties ont en croyant qu'elles se conformaient à l'état du droit prononce l'arrêt Jordan, on devra en tenir compte et à ce moment-là, ça pourra faire obstacle à une détermination d'arrêt des procédures. Donc, à l'intérieur de l'arrêt Jordan, contrairement à l'arrêt Ascov, avait déjà abordé cette question-là. Et c'est ce qui fait que, contrairement à l'arrêt Morin on est venu un peu nuancer ce qu'on avait dit dans Jordan, où essayer de l'expliquer, lorsqu'est arrivé l'arrêt la Cour était prête à assumer ce qu'elle avait dit dans l'arrêt Jordan. Elle de l'expérience du passé. un an plus tard, qui de dire, vous n'avez pas mal lu qu'on a dit dans l'arrêt de Jordan, on va le réitérer. Ce n'est pas parce qu'il y eu un tollé ou qu'il y commentaires le public les juristes va revenir sur ce qu'on a dit. a permis de le d'envoyer un message au tribunal de dire, soyez proactif à Je pense que c'était le meilleur message devait être envoyé par de cohérence.
Hugo Martin (48:24) oui, au tribunal, au système, mais aussi aux avocats de la vous y trouvez pour vos clients un avantage à ce que le procès roule bien, avance rapidement. délai représente un délai de justice pour l'inculpé vous avez mentionné tout à l'heure, mais les victimes aussi, les population dans son ensemble, le délai, prolonge le stress. la stigmatisation et l'anxiété de l'inculpé plus les délais sont longs, pire c'est pour l'inculpé au niveau de l'anxiété que ça peut lui a aussi les la mémoire peut les preuves peuvent se Donc, l'efficacité la vitesse, la célérité du système de justice pénal est un avantage. diriez-vous, pour du système et de la population?
Michel Lebrun (49:09) Définitivement, et même pour la poursuite et pour les gens qui dénoncent accusations des la société réprouve. on veut que les gens soient sanctionnés, on veut les processent se tiennent et les coupables stigmatisés et à subir la peine.
Hugo Martin (49:20) Merci
Michel Lebrun (49:27) tout concours en à l'adhésion à ces peu importe de quel côté qu'on se retrouve, je dirais, de l'équation de justice criminelle. Et ce qu'on constate depuis l'arrêt de l'était aujourd'hui en 2025, peut nous rendre au fait qu'il n'y d'abandon d'accusation, c'est que une pratique qui s'est par exemple développée, puis je pense que c'est un peu vrai dans tous les problèmes, c'est qu'au moment où on vient pour fixer une date de procès, où la procès se déclare prête à procéder, on demande aux gens quelle est leur perception du délai de l'arrêt de Jordan. on est capable d'agir pour fixer des procès à délais-là. lorsqu'on que le procès va se tenir à délais-là, y a des solutions qui peuvent être avant qu'on à l'échéance qui vont permettre de tenir le procès dans un délai résonant. Récemment, la Cour suprême validé, par exemple, la juge de première refusé à la poursuite le fait qu'un procès se tienne avec un jury. fois qu'elle avait constaté le délai pour convoquer un jury et obtenir un processus de cette nature-là risquait de les droits de garantis par l'article 11B. on a jugé qu'il y avait cette mesure proactive là, avait eu pour effet d'éviter que le processus situé dans un délai qui était déraisonnable la Cour suprême a présentait ça comme un des exemples l'approche proactive des tribunaux qui découle de la red jargon.
Hugo Martin (50:53) de la 11 juillet 2025 Maître Lebrun, On est fiers de notre Cour suprême d'avoir eu cette vision-là. Ces délais-là, 30 mois, 18 mois, ça a provoqué des choses. Je vous entends et je semble comprendre que ça a provoqué aussi de la discussion entre la Couronne et la Défense. justement comme vous avez dit, les impressions de où on est dans le procès, dans les délais et tout ça. Est-ce qu'on tire un bilan positif de Jordan si on regarde devant nous?
Michel Lebrun (51:30) je dirais tout à fait, Ça a permis d'engager des vont le bon et dans sens de l'intérêt global de la société, pas juste des accusés. Je vais vous donner un L'exemple, nous est venu lors de la de la COVID. Je pense nouvelle culture-là qui s'est développée depuis 2016, on en a effets lorsque cette présentée à un point avocats de défense ont compris qu'on devait collaborer pour développer des nouvelles gérer les instances tenir cette situation-là, notamment visioconférence.
Hugo Martin (52:08) la
Michel Lebrun (52:05) de nombreuses incenses, notamment devant la Cour le que je vois aujourd'hui, les tribunaux d'appels comme la Cour d'appel d'Ontario et celle du ont constaté que même l'épidémie de COVID, qui a généré un arrêt du système de justice pendant une certaine a traitée de façon je dirais tellement efficace qu'on conclure six mois ou un de délai se sont imposés aux accusés parce ont réussi, après une courte période de suspension, à se tenir dans des délais qui semblent avoir été Je pense que le message de l'arrêt de Jordan a été reçu par tout le monde avoir été moi-même discussions-là à l'époque de la je dois vous dire ne fait plus discussion du fait qu'on ne pas rester les bras
Hugo Martin (52:55) oui, vous avez l'époque de la COVID, le comité d'action sur l'administration des tribunaux en réponse à la COVID-19. Et d'ailleurs, associations d'avocats de la défense ont accepté... la télé-compérition à l'époque, donc vous n'êtes pas demeuré chevaux en disant non non non non, il absolument qu'on paraît en personne et de cette façon-là sachant comparution en personne était impossible.
Michel Lebrun (53:16) je pense qu'aujourd'hui y a certains progrès ont été faits. a développé des canaux de communication avec la poursuite et avec la l'époque de la COVID qui tiennent encore la route aujourd'hui. que d'imposer certaines solutions, par télétémoignages, tout le monde est arrivé à force de discussion au même dans quelle circonstance c'est approprié, dans quelle circonstance ça ne l'est y a eu un gain, je dirais, en termes d'efficacité. La une époque qui a été difficile pour tout le monde, je pense que le système de justice en est sorti avec, encore une on a été capable de les d'un dialogue.
Hugo Martin (53:49) ...
Michel Lebrun (53:55) tout en faisant valoir chacun nos points.
Hugo Martin (53:58) Maitre Michel Lebrun, merci beaucoup d'avoir partagé vos connaissances et votre expérience surtout dans notre série de balados, «Facionner le Canada, 150 ans de décision marquante», sans aucun doute, Jordan en est une. Merci, Michel Lebrun.
Michel Lebrun (54:16) plaisir.
Outro STD FR (54:18) Merci d'avoir été des nôtres pour cet épisode de Façonner le Canada : 150 ans de décisions marquantes. Comme nous l'avons vu aujourd'hui, le droit n'est pas statique, il est vivant. Chaque décision de la Cour suprême ajoute une pierre à l'édifice de notre société. Pour consulter les arrêts discutés et en savoir plus sur nos invités, rendez-vous sur faconnelecanada.ca et parcourez les notes de l'épisode. Abonnez-vous sur votre plateforme de balado préférée pour ne rien manquer de cette série soulignant le 150e anniversaire de la Cour suprême du Canada. Merci à tous ceux et celles qui ont contribué à ce projet, notamment la Cour suprême du Canada, le Très Honorable Richard Wagner, juge en chef du Canada, les Honorables Nicholas Kasirer, Suzanne Côté, Andromache Karakatsanis, Sheila Martin, Malcolm Rowe, Mahmud Jamal, Michelle O'Bonsawin, Mary Moreau, les professeurs Louise Langevin, Jocelyn Downie, Carrie Ruck, Naomi Metallic, Karen Drake, Denise Réaudeau, Félix Mathieu, Éric Labelle Eastaff, Marcus Moore, Joel Bakan, Howie Kislowicz, Richard Moon et François Tanguay-Renaud. Merci aussi à Me Michel Lebrun, Mmes Sandrine Raymond, Laurence Laperrière, Laurence Thériault, M. Peter Warren et la productrice Mme Constance Saint-Pierre. Ce projet a été rendu possible grâce au gouvernement du Canada. Ici Hugo Martin et je vous dis à la prochaine.
Full transcript
Transcript – Shaping Canada
150 Years of Landmark Decisions
Episode 09 – The Right to a Speedy Trial (Jordan Decision) with Me Michel LeBrun
Duration: 49:09
Épisode 12 : Les délais judiciaires et l’arrêt R. c. Jordan – Entretien avec Me Michel Lebrun
Intro STD FR (00:02) Welcome to Shaping Canada: 150 Years of Landmark Decisions. The Canada we know today was not built by chance. Argument by argument, judgment by judgment, it has been shaped by law within a unique justice system born from the encounter of British and French systems, and which now increasingly integrates Indigenous traditions. In this series, we mark the 150th anniversary of the Supreme Court of Canada by decoding the major decisions that have defined our rights, freedoms, and collective identity. Criminal law, Indigenous rights, division of powers—rulings that are not just ancient history. They still shape our daily lives. I am your host, Hugo Martin, and through exclusive meetings with the nine Supreme Court judges and constitutional experts, we will explore the context of these judgments, their impact, and their resonance today.
Laurence Thériault (01:04) Is delayed justice denied justice? Section 11(b) of the Canadian Charter of Rights and Freedoms guarantees anyone charged with an offense the right to be tried within a reasonable time. To explore the scope and limits of this right, we are joined by Me Michel Lebrun. Me Lebrun is a prominent criminal defense lawyer at... With him, we examine R. v. Jordan, a landmark 2016 decision that profoundly marked the Canadian justice system by imposing strict limits on court delays. This involves the case of Barrett Jordan, who waited over four years before facing trial on drug-related charges. The Supreme Court... Tired of the system's complacency regarding endless delays, decided to strike hard. It imposed ceilings: 18 months for provincial courts and 30 months for superior courts. If the State exceeds these limits, the accused is released. How did the system react to this ultimatum? That is what we are exploring today. I am Laurence Lapérière [Laurence Thériault], and I wish you a good listening experience.
Michel Lebrun (02:05) My name is Michel Lebrun, I am a defense lawyer. Three Rivers [Trois-Rivières], 1988, that's nearly 37 years ago. I was president of the Quebec Association of Defense Lawyers (ACAD). I was until 2022.
Hugo Martin (02:25) Help in the audio?
Michel Lebrun (02:25) I was also batonnier for the years 2003-2004.
Hugo Martin (02:30) So, Me Michel Lebrun, thank you for being with us. Welcome to 'Shaping Canada: 150 Years of Landmark Decisions'.
Michel Lebrun (02:39) Thank you for having me, I am very happy to participate in this series.
Hugo Martin (02:43) Me Lebrun, we are going to discuss a decision that is rather administrative, a decision that has an impact on the lives of Canadians, but which is not directly linked to a single case... I'd like us to talk first about Section 11(b) of the Canadian Charter, the right to be tried within a reasonable time. What was happening, say, before the 2000s, and how was this right to be tried within a reasonable time approached, and what does it mean?
Michel Lebrun (03:20) You have to understand that the Canadian Charter of Rights and Freedoms was adopted in 1982. There are guarantees inscribed in the Constitution, meaning they are above Canadian laws, applying to all situations when individuals are accused. We speak of an accused person—someone facing criminal charges—and rights pertaining particularly to Section 11 and specifically Section 11(b): the right to be tried within a reasonable time, which is a principle that has always been recognized by Canadian justice. In English, it is said 'justice delayed is justice denied'. Therefore, if justice—a criminal trial for a person facing charges—is not rendered within a relatively prompt delay, they suffer a violation of their rights, they suffer prejudice... ...at a time when people were predominantly held in custody awaiting trial. They are serving a sentence before being judged. We are presumed innocent... to be judged causing prejudice to the individual, ensuring that all objectives, the presumption of innocence, of a reasonable doubt, are practically rendered null and void by the fact that...
Hugo Martin (04:17) Thank you very much.
Michel Lebrun (04:34) ...the file does not proceed.
Hugo Martin (04:46) Internationally... There are questions of...
Michel Lebrun (05:04) ...has always been a concern of Canadian criminal justice. We are in a criminal law system based on common law, so inspired by British law, and similarly American criminal law. It was a concern of British justice, American justice, and Canadian justice. There are provisions providing, for example, that a preliminary inquiry—the step preceding a trial—until 1995, the Criminal Code provided that this inquiry had to be held within eight days... from the moment the person appeared, it could be postponed by eight days if the accused did not consent. So, this is a fundamental guarantee because we can have all the guarantees we consider important—for example, the presumption of innocence, the right to a fair trial. These guarantees become illusory if the trial is not held and the person must suffer for... time can become unreasonable, we are talking about years with their... the publicity made by the fact that they are facing charges, well, at that point, it is part of the right to a fair trial. There is also the fact of trial efficiency, for example...
Hugo Martin (06:07) Thank you.
Michel Lebrun (06:19) ...witness memories. There are witnesses who must be heard over time, there are witnesses who disappear. So there is an interest, not only for the accused, but also recognized for society in general, that trials progress diligently.
Hugo Martin (06:34) Moreover, the goal of paragraph 11(b) is a trial within a reasonable time, but also the right to security of the person. You mentioned the right to liberty, you mentioned it too, and of course, the right to a fair trial. What we want to talk about today... is the famous Jordan ruling. So, Jordan is 2016, but there is a pre-Jordan context. We are talking about Askov in 1990, which is already... starting to talk about delays. And Askov starts discussing that, but it's a bit of a benchmark.
Michel Lebrun (07:20) Indeed, the Supreme Court, which has existed for 150 years, was entrusted in 1982 with an entirely new mission: interpreting the Charter in a new way, not just laws passed like the Criminal Code, but guaranteeing the application of those laws. So it's a new role that the Supreme Court was entrusted with by the Parliament of Canada and the provinces through adoption, somewhat revolutionary... it took years before files found their way before the Supreme Court, obviously because trial courts and appellate courts progressively applied these provisions and Section 11(b), guaranteeing a trial within a reasonable time. So several decisions were rendered to circumscribe a bit what this is, when this right has not been respected. And I would say that in 1990, the decision that made a first mark... and the Supreme Court in the Askov decision was confronted with relatively long delays... we compared delays incurred in that file, which was a fairly serious kidnapping case, with practices or delays considered normal for trial scheduling. That's what we stuck to. ...evaluation because these were charges for which there had been a preliminary inquiry. There are cases where there are two stages: a preliminary inquiry where witnesses must be heard to justify the existence of the charge, and a trial held at a later date. This was a case like that. It evaluated that generally, courts were able to hold a trial within 6 to 8 months... following the preliminary inquiry. That was considered a normal delay. But in that decision, it was observed that the trial delay had greatly exceeded that 6 to 8 month window and concluded that their right to be tried within a reasonable time had been infringed. And the sanction for that... was to consider that continuing the prosecution would aggravate that violation. Therefore, courts would not aggravate or cause a violation of this right. It was concluded that no trial should be held. So they granted what is called a stay of proceedings (arrêt des procédures).
Hugo Martin (09:47) It's funny what you're telling us, Me Lebrun, because indeed, it's... founded in cases of delay in being heard. So Askov is a Supreme Court of Canada decision from 1990 regarding charges... from 1983, so right after the Charter. When this judgment was rendered in '90, one of the reasons—and I'd like to return just a little bit to that case: Askov involved three accused individuals. Indeed, kidnapping, extortion, serious charges. There was, as you told us, a preliminary inquiry. You told us criminal trials can have two stages: the preliminary inquiry stage. In this case, there was a preliminary inquiry that started in July 1984, but the inquiry could only be completed in September 1984. The trial was scheduled for the first available date, according to the file. In October 1985, the case could not be heard, and finally the trial was postponed to September 1986—two years after the preliminary inquiry, far from the 6 to 8 months you spoke of earlier. When the trial was held, the appellants requested a stay of proceedings because the trial had not been held within a reasonable time. So the trial judge at first instance concluded that the major part of the delay... resulted from institutional problems, and he granted what you call a stay of proceedings. However, the Court of Appeal—because this file was appealed by the government, the Attorney General—appealed the case. And the Court of Appeal said, well, there was no fault by the public prosecutor. There was no indication of any opposition by Askov and his co-defendants to any of the adjournments that occurred, and there was no proof of actual prejudice to the appellants. So, for our listeners, prejudice means the delay doesn't really change anything in their lives. It didn't cause them prejudice. Whereas, Me Lebrun, you told us earlier, you have to be careful. I mean, you are presumed innocent, but your trial is so long that ultimately you are accused for so long that it might perhaps have an impact on your reputation. And the Court of Appeal... overturned the trial judge's decision and decided to hold a trial. They appealed to the Supreme Court of Canada, and at the Supreme Court of Canada, they said no. Indeed, the delays were unreasonable. It left some... regarding Section 11(b), but we also talked about Section 7 in this case, so there were many other things. And what the Supreme Court said, well, it started giving us criteria. The criteria were: the length of the delay, the explanation for the delays, waiver of those delays, and prejudice suffered by the accused. The longer the delay, the more difficult it must be for the court to...
Michel Lebrun (12:53) Exactly, and you see, this new role of the Supreme Court we talk about since the adoption of the Charter—eight years after the Charter, it's a delay that for us might seem relatively short, but it required cases to wind their way through our first instances, courts of appeal, and end up before the Supreme Court. This role... of not only handling the case before them, but addressing, I would say, the systemic issues... The Court was confronted with this, I would say, very significantly with the Askov ruling. Because after dealing with that decision, after concluding that we had vastly exceeded what should be the norm in terms of delay—so there had been a violation of these individuals' rights—publicly, particularly in Ontario, because these were decisions affecting court scheduling... a huge number of cases were abandoned by the Attorney General, who understood... this estimate of 6 to 8 months as a hard limit. In any case, that's how it was understood. And that led to the withdrawal of many charges, stays of proceedings in many cases, which triggered a reaction... a certain uproar in criminal justice because there were... serious cases. Which led the Supreme Court, when the question arose again in 1992—here we are talking about the Morin ruling... So two years later, the Supreme Court is once again faced with the question of delays. And Justice Sopinka, who wrote the Court's opinion in that first case... is conscious of, I would say, criminal law and particularly delay issues, and refers in his first paragraph to the reactions that occurred following the Askov ruling, speaking of the quantity of 47,000 charges withdrawn in Ontario alone. So it is in light of that finding that the thought is refined in the Morin ruling, and an attempt is made to establish a framework that would be sufficiently flexible to avoid...
Hugo Martin (15:13) Thank you.
Michel Lebrun (15:18) ...perhaps a more radical outcome than what was perceived from the Askov ruling, while also allowing courts discretion in assessing what constitutes a reasonable delay or not, because it's a question that remains relatively complex—what justifies delays for various reasons. So an attempt was made to establish certain categories.
Hugo Martin (15:42) Me Lebrun, you are entirely right, and I think it's important to quote Justice Sopinka. He says... the question, he says, in the present appeal—we are talking about the Morin case—concerns an accused's right to be tried within a reasonable time. This right is enshrined in Section 11(b) of the Canadian Charter of Rights and Freedoms. So, here is the text, very straightforward: any person charged has the right to be tried within a reasonable time. And then he tells us, while seductive in its simplicity, this wording presents the Court with one of the most difficult challenges in finding an interpretation that respects the individual's right at a time when the administration of justice is grappling with reduced resources and an increasing caseload. In the present case, the Court is asked to re-examine the problem by taking into account the effect on the administration of justice of our Askov ruling. The evidence presented to us indicates that between October 22, 1990, and September 6, 1991, in Ontario alone, there were stays of proceedings or withdrawals in over 47,000 cases.
Michel Lebrun (16:47) ...and that is where we see this new role of the Supreme Court since 1982, this somewhat legislative role, if I may say so. The Supreme Court, as we feel through its decisions, took note of this 1992 finding... perhaps as a guiding thread leading us all the way to the Jordan ruling, a decision rendered in 2016. I think the Supreme Court rose to the challenge. It was the legislature that adopted the Charter and imposed this new role on the Supreme Court. The Supreme Court had to evolve through all of that and recognize the metrics it had to measure, in effect, to a certain extent, the totality of these impacts... it's not simple in cases, it's a bit... what this introduction of the Morin decision and that concern represented, we would see it again in... how it was defined clearly, in fact, so people understand what those concepts mean, but also... being able to apply them practically so the system doesn't collapse. And transitional measures or suspensions were rendered by the Court, declarations were made, giving legislatures some time to adapt. So all of those things evolved and would... be the results of that finding of... consequences of this new...
Hugo Martin (18:25) And moreover, I think it's important to mention it was impaired driving (facultés affaiblies) in Morin. It's a trial that took place within... 14 and a half months after being charged. So we are very far from Askov—much more serious charges in Askov and a much longer delay. And in Morin, the Supreme Court came to nuance, refine perhaps the famous criteria, telling us that, well, looking at delays, the factors to consider are obviously the length of the delay, the accused's waiver of invoking the delay... ...moreover, in Morin I must say Mr. Morin was imaginative because he said at the start I'd like a trial on the first available date, and they gave him that date which was 14 and a half months later, and the lawyer also said 'fine, that's the first available date.' The judge answered 'yes, that's it.' So the first date... we talk about waiver. Third point, the reason for the delay, notably delays inherent to the nature of the case. So a more complex case could take more time, according to Morin; a more... simple case—I won't say impaired driving cases are simple, but more common, let's say. Institutional resource limits, well, we talk about that, we know it will truly be part of Jordan. Other reasons for the delay, and finally prejudice suffered by the accused. And there, that prejudice question we had it in Askov, we have it now in Morin, and moreover Justice Lamer in his... elaborates extensively on the prejudice aspect. So for now, we cannot see, Me Lebrun, an incompatibility between Morin and Askov. It's just refining things, and as you so well put it, the Supreme Court is appropriating its role in a societal manner. So we are heading toward a decision that will truly mark Canadian society. So, if I asked you regarding incompatibilities between Askov and Morin or similarities, I think Morin refined, came to clarify, came to nuance Askov slightly.
Michel Lebrun (20:39) I think what can be read between the lines is weighing multiple criteria in each file before concluding that a delay is unreasonable. Therefore, individualizing the analysis rather than sticking to a figure established in Askov which triggered an understandable reaction that might have been disproportionate. So I think Morin went some way toward case-by-case analysis... beyond which everything was supposed to collapse, but...
Hugo Martin (22:01) ...
Michel Lebrun (22:05) ...this approach that the Supreme Court noted in 2016 was that perhaps we had relied too much on the other side subsequently to bog ourselves down in an excess of considerations and place the emphasis on the question of prejudice suffered by the accused. And there, already judges do not all perceive the same thing regarding what constitutes prejudice. I would say there are sort of two things always present: there is the prejudice that comes with the fact of being accused—so the fact of waiting for your trial, it's stress inherent to facing a charge. And there is prejudice that can arise in files when talking about lost witnesses, lost evidence... prejudice specific to each file that can vary from one file to another. And over the years, Supreme Court judges' positions varied somewhat on who must prove prejudice, and how important prejudice is to consider that the undue delay requires a stay of proceedings as a remedy. That discussion amplified over the years, and I think the culmination was the Jordan ruling: identical files... delays that could be considered by some courts as unreasonable and not by others through an analysis I'd say maybe in-depth, but making too many distinctions regarding what prejudice was in that file. And leading to the conclusion, rendered in 2016, after some twenty years following the Morin ruling, what the Supreme Court observed was that delays had amplified and that delays accepting far beyond guidelines... because at the time of the Morin ruling, guidelines were set. It was said normally a trial without a preliminary inquiry should be held within 8 to 10 months. It's not a hard rule when there's a preliminary inquiry, maybe 6 to 8 months once again after the preliminary inquiry. So for a total delay where there's a preliminary inquiry of 14 to 18 months, basically, those were guidelines. But now, in 2016, we realize files are taking much longer than that; quite routinely, we talk about a culture of delay, characterized by a lack of resources at the court level, at the prosecutor level as well—which are obviously institutional entities—and we note that courts fall back on saying yes, but you suffered no prejudice, so we won't stay proceedings, thus justifying increasingly long delays.
Hugo Martin (24:13) Before Jordan, what we learned or thought were normal waiting times for a case before a provincial court—so agreed, criminal charges are charges coming from the Criminal Code which is federal, so applying pan-canadianly. And a case before a provincial court, so meaning in Quebec, the Court of Quebec, the Provincial Court in Ontario, and each court in each province or provincial jurisdiction, has what is called a Provincial Court. And we spoke of 5 to 10 months for a case in Provincial Court between the filing of charges and the end of the trial; before a Superior Court, we spoke of 14 to 18 months. These were somewhat flexible figures varying according to the complexity of the case, the accused's conduct, the Crown's conduct, and institutional delays. And there, we go to British Columbia, 2008. I understand Jordan is 2016, but 2008 is when Mr. Jordan was arrested, in December 2008, following an RCMP investigation into a drug-trafficking operation in British Columbia. Can you talk to us a bit about the facts of the Jordan case?
Michel Lebrun (25:26) It's a file in which there was an investigation in two parts. There was a period during which Jordan had been detained while awaiting trial, which illustrates a bit the necessity for files to move forward diligently. There were charges in that file... many delays, I think over a year, to complete the investigation.
Hugo Martin (25:53) ...it's a drug case, and the preliminary inquiry took a little over a year, but it also required nine days of hearings.
Michel Lebrun (26:04) ...time to recover because a process must be done by the parties saying 'we expect this much time for the preliminary inquiry.' At first, we expected I think 4 days, it took 9 days. So it took longer than expected. So those are case-management issues.
Hugo Martin (26:18) ...his trial opened in 2012. So he was arrested in December 2008. His trial started in 2012. His lawyer requested... he was not tried within a reasonable time. And that request was rejected by a British Columbia judge.
Michel Lebrun (26:39) So here we are talking about a total delay of 49 months. It concludes no particular prejudice was suffered from the delay. The Court of Appeal confirms that decision, and it ends up before the Supreme Court... [Superior Court / Supreme Court]
Hugo Martin (26:54) And there, the Supreme Court... we tell them, come on, apply Askov and apply Morin, and the Supreme Court says no, we are going to change our analytical framework. Talk to us a bit about that: what are the consequences? Must a stay of proceedings be granted in cases of unreasonable delay? And how do we determine if that delay is unreasonable? A stay of proceedings, what is it? Does it mean he was never charged? Does it simply mean his charges are dropped? Me Lebrun, granting a stay of proceedings, what does it mean in facts for the accused?
Michel Lebrun (27:31) It means the trial is terminated. It is not an acquittal, it's not a declaration of not guilty, but the end of the trial—I would say, since you are presumed innocent until declared guilty, it eliminates in fact... the charge that was brought. So there is no criminal record that can be registered, no conviction, and the person does not have to be sentenced or stigmatized as having committed that offense, and it prevents the continuation of proceedings for the offense in question. It ends without a trial of the file.
Hugo Martin (28:12) There is no...
Michel Lebrun (28:12) There is no... they benefit from a stay of proceedings. It is the end of instances... other things concerning the same facts in criminal matters. It is the end.
Hugo Martin (28:15) Okay.
Hugo Martin (28:15) So, there is an opportunity in cases of unreasonable delay for the Court to order or grant a stay of proceedings. What is an unreasonable delay?
Michel Lebrun (28:32) ...that tangent wasn't there at the time... it came, I'd say, from the Court... taking stock of the experience of applying criteria over some twenty years, which...
Hugo Martin (28:44) That's it, we expected Askov, we expected...
Michel Lebrun (28:49) ...what the Supreme Court has as a role, effectively, as a court of last instance—and again, I return somewhat to the adoption of the Charter entrusting the Court with this—it translated into that finding of saying: here are the criteria we established in the Morin ruling interpreted by courts in a way we must correct because we aren't achieving the sought-after objective, which is the right to a trial within a reasonable time; rather, we bog down in considerations, notably on the question of prejudice suffered to justify certain delays appearing too long, without granting stays of proceedings or referring to criteria. The other thing coming from the Supreme Court is: the Morin criterion is applied by looking at what happened once delays become unreasonable. Could we adopt criteria allowing people to move forward... anticipating when files will be tried? The objective of having trials within reasonable times is having a plan right from the start of proceedings and sticking to it... and that is a way of doing things. I think that finding was unavoidable, and I think stakeholders active since the adoption of the ruling come to that conclusion: the beneficial effect is that the approach becomes understandable to the parties right from the start of proceedings.
Hugo Martin (30:28) Morin—it's so interesting what you just told us there. Predictability, knowing in advance. So what we knew in Askov and Morin was that we didn't know at what point it became unreasonable. And when we thought it was unreasonable, proof had to be made; we had to say, hey, we weren't tried within a reasonable time pursuant to Section 11(b). And there was no predictability. Now, you're telling us the Court at least looked into that and gave us a framework. And that framework... materialized through a ceiling.
Michel Lebrun (30:57) ...wanted to simplify things by... on one hand, observing that delays had lengthened for various reasons, reasons that were unacceptable, but also the complexity of cases that increased over the years, notably due to... various reasons. The breadth of investigations too, and resources. So certain ceilings were established, qualified as generous. So it was said, we'll go further than we went at the time. We'll give you a bit more in terms of delays, which will allow us to say that under those ceilings... we will no longer need to argue what prejudice the person suffered. We will presume that as soon as those ceilings are passed, there has been an infringement of the right to be tried within a reasonable time. And at that point, the consequence is not holding the trial—as we said, granting a stay of proceedings.
Hugo Martin (31:53) You noted in 2022 that files are increasingly complex and therefore demand more time from judges... and that's an observation you made at the time. And so judges, since they have more difficult cases, render decisions requiring much higher work for the judiciary. And you also said that the multiplication of Jordan stays does not particularly rejoice you. A judgment ending in a stay of proceedings is somewhat like an admission of failure in managing a specific file. And for us—defense counsel—the message of the Jordan ruling is that the State must invest the necessary resources.
Michel Lebrun (32:34) I think that finding remains current, and I think that's the Court's vision as of 2016: to say that this complexity requires first and foremost investing resources so trials remain reasonable given... it's a concern of the justice system and it's now a constitutional guarantee since 1982. I think there was an implementation of those realities in 2016. They wanted to simplify, they wanted to give the required time, ceilings that... by the justice system, based on prior experience. When we talk about 30 months, those are significant delays. 18 months for a provincial court trial.
Hugo Martin (33:26) And there, we have ceilings: a presumptive ceiling of 18 months for cases tried before a provincial court and 30 months for those brought before a superior court in cases where there are preliminary inquiries in provincial court, we also fall back to 30 months. Those are ceilings. But that doesn't mean, Me Lebrun, that the 31st month or the 19th month... it's over, a stay of proceedings is ordered. So there are still steps that must be taken, but we are talking about a burden. So there is someone who must prove it, and now the person or entity that must prove it would be the public prosecution.
Michel Lebrun (34:02) We understand that ceilings cannot be fixed arbitrarily, and that's not the case at all. The delays in question are obviously delays caused by the institution, meaning the court or the prosecution. Obviously, when an accused asks to postpone dates too, those are not delays counted against their right to be tried within a reasonable time.
Hugo Martin (34:26) I understand that the public prosecution or the Crown will ask to waive those delays so they aren't computed within the 18 or 30 months.
Michel Lebrun (34:36) ...as soon as the defense causes the delay or requests an adjournment, the Crown has the possibility not to consider that delay within the presumptive ceiling. Often, to make things clear, the accused is asked if they waive the delay. If we are sick or not available... not delays attributable to the State, to the prosecution, to the judiciary, or to the justice system. We must well understand that what is at stake is delays caused that are not the accused's responsibility.
Hugo Martin (35:11) Let's talk now about exceeding this presumptive ceiling. Let's take 30 months, say, because it's an important case tried before a superior court in one of the provinces. So we have 30 months, we exceeded the 30-month delay. What happens? I said earlier as a joke, there isn't an automatic stay of proceedings on the 31st month.
Michel Lebrun (35:34) ...the Supreme Court is careful and conscious not to adopt criteria that are too rigid. It provides that there can be exceptions. We can subtract delays requested by the defense, by the accused, but we can also put forward that circumstances arose justifying what are called exceptional circumstances. For example, we could speak of a case of unprecedented complexity or at least exceptional, or events that are unforeseeable—for instance, someone falling ill, a witness falling ill, a lawyer, a judge... So those are things unforeseeable, such as social events like a pandemic.
Hugo Martin (36:18) ...obviously complexity could become a mega-trial. Regarding unforeseeable, inevitable events, illness or death of... an alibi, which can be unforeseeable. And that... We are talking about the burden of proof, and I understand it's the public prosecution that must demonstrate those elements.
Michel Lebrun (36:43) ...where debates concerned the accused's prejudice and who had the burden of proving prejudice and all that—the justice system bogged itself down in debates. Today, the question of prejudice has been set aside to focus somewhat on the ceilings and what arises... and demonstrating the inevitable nature of what arose, which caused the presumptive ceiling. So I think the emphasis was placed in the right place, I'd say, because these are delays caused by the system as such. So it can be court, prosecution, or police resources... therefore, the concerned party is the one that must justify it. I think that's an efficient way of treating the issue, tracking it from the beginning of the file.
Hugo Martin (37:35) I'll ask you: in practice, how does it happen in the 31st month? Does the accused bring an application, present a request to the court for a stay of proceedings, and the public prosecution contests it and provides proof that those delays are not, among other things, institutional, that the case's complexity justified something, or that there was a death of an important person? Is that how it works? Or does the trial continue without anyone mentioning it? And I have another question too: can the judge say of their own motion, 'my dear friends, it has been 39 months since madam was charged'? How does it happen in the courtroom? How does it work?
Michel Lebrun (38:22) ...it will be the accused raising it. The judge somewhat acts as the guardian of the accused. So, sitting in court, sometimes there are people who are unrepresented, the judge can act somewhat as the guardian of their fundamental rights, and this is a very important one. A judge might perhaps raise it themselves, but generally what happens is that the accused raises it and... over time, we have accused persons who... Charter-guaranteed rights... do it in writing through a written application within a reasonable time to allow a response from the prosecution and a notice of hearing. But it generally happens, I'd say, before the trial is held because what is argued is that this trial cannot be held within a reasonable time. Therefore, it should not be held. So that is the general way of doing it... courts have developed a habit of doing it, and I think it works quite well. And regarding the efficiency we wanted to achieve with these applications, I think the objective is met. It asks the parties to establish their perception of what the delays are. So that's how it generally works in Quebec, and I think in other provinces... generally, we realize only portions of the total delay are contested, which allows targeting the exact question to be decided and avoiding wasting time... What we observe in practice is that... defense counsel and Crown counsel generally establish a table where uncontested portions of delays are submitted to the court, and the debate bears only on adjournments where responsibility is claimed to be attributable to the prosecution, the defense, or even... delays that are neutral. Courts even frequently go so far as to apportion responsibility for certain delays.
Hugo Martin (40:18) Let's return now to Jordan. In Jordan, we have a 5-4 split. A radical change of course demanded by everyone. The Chief Justice wasn't Chief Justice at the time—it was Chief Justice McLachlin, if I remember correctly. But what we read in the majority: Abela, Moldaver, Karakatsanis, Côté... the delay is unreasonable, period. They give us this new framework with ceilings. Now, Justices McLachlin, Cromwell, Wagner, and Gascon say that the jurisprudence developed by the Court over the past 30 years to deal with allegations of Section 11(b) violations allows for a clear answer to the question posed by this appeal. It is not necessary to go in the entirely new direction taken by Justices... What do you think? Do you see Jordan as...
Michel Lebrun (41:20) We had all understood there was a problem. Everyone talks about a culture of delay and the explosion of delays. We were observing it at that time... What we see is that it was the case in other jurisdictions. The four minority judges say we must better explain things and continue with the same criteria from the Morin ruling, better clarifying to avoid bogging down as we had been doing for a few years and creating the... confusion we found ourselves in. The majority proposes a new... ...meaning we bog down in... too much emphasis was placed notably on the question of prejudice, how it is determined. It's hard to say whether the capacity to defend was affected or not, and you can only do that once there are too many opportunities to react. The magnitude of the problem observed justified that reaction from the majority, and I think what the minority feared—that is, starting from scratch with this new solution, causing more problems—didn't materialize. I think the Supreme Court in the same year with... reaffirmed in fact, there was an attempt by the prosecution, I'd say, to say: 'Well, maybe mitigate what was said about the radical nature of the majority in Jordan,' and I think the Court rallied by saying: 'Well, we decided this, and everyone...' I think the message of the Cody ruling following Jordan is a strong message saying: 'We took this tangent and we're sticking to it,' and I think since then... the ball is in the justice system's court to adapt to it. I think the message had to be sent and it was received. I think it took a few years and wasn't perfect right from the start, but I think we are starting to reap some benefits from that approach.
Hugo Martin (43:17) ...yes, our notes state well... ...that the framework established in Morin for applying 11(b) generated problems theoretically and practically, thus contributing to a culture of delay and complacency toward that culture. Theoretically, this analytical framework is too unpredictable—as they said about Morin—too difficult to grasp, and too complex. It became a burden itself for courts... as you told us, bogging down in that calculation, bogging down in this new way of calculating. So it became a burden itself for trial courts, already overburdened. And practically, the ex-post justification of delay resulting from the Morin framework does not incentivize participants in the justice system to take preventive measures to remedy inefficient practices and lack of... You are nonetheless Me Lebrun, a defense lawyer. Would you say Morin and Askov were used precisely to benefit your clients?
Michel Lebrun (44:29) The Supreme Court talked about it... they say at a certain point, a trial within a reasonable time is a shield. It cannot be used as a sword... one might have the impression that some let certain delays slide or don't show cooperation in the hope of ultimately obtaining... That results from that. As far as defense is concerned, defense doesn't control judicial resources, can't dictate the use of courtrooms or the prosecution's priorities. So we only have one client at a time, only one... I think it's a consequence. It's not an objective, it's rather a result of that situation. And really, there isn't really any possibility for lawyers to collude to have a strategy. And certainly not in light of the principles of the Jordan ruling... that it could become a strategy to actually obtain... ...creating a situation where the delay becomes unreasonable.
Hugo Martin (45:30) Let's talk now about the impact. You mentioned Cody earlier. After Jordan, a very important ruling came out: Cody, where many people, jurists, thought the Supreme Court would... nuance. That's not what they did; I'd use the English expression, they 'doubled down.' They confirmed it, they affirmed it. And what you told us earlier: 'justice delayed is justice denied,' that was a principle that emerged from Cody. And what do you think of the legacy of Jordan?
Michel Lebrun (46:08) Experience, I'd say, with Askov-Morin, the consequences perceived as catastrophic, the impact of that decision in Morin after Askov... I think the Court learned from that experience, and when the Jordan ruling was rendered—which some felt was perhaps even more radical in terms of... direction: 'Here, we're going to operate this way, it's going to be simple, and you should adapt to it.' I think the lesson the Supreme Court also drew from that statement, well, we read it inside the Jordan ruling in what we call the exceptional transitional measure. So we said... What we're telling you now should be applied, but we are aware there are files already underway where delays have reached a certain length and don't respect this new way of perceiving things. In that regard, when dealing with those files already in progress, we must give people time to understand these new teachings... and we must examine what is already underway in light of the old principles, to say if parties acted believing they complied with the state of the law when Jordan is pronounced, we must take that into account, and at that point, it can be an obstacle to determining a stay of proceedings. So, within the Jordan ruling, unlike the Askov ruling which hadn't addressed that question yet... And that's why, unlike the Morin ruling, we somewhat nuanced what we said in Jordan, or tried to explain it; when the Cody ruling arrived, the Court was ready to stand by what it said in the Jordan ruling. It learned from past experience. A year later... ...which is to say, you didn't misread what we said in the Jordan ruling, we're reiterating it. It's not because there was an uproar or public and legal comments that we're going back on what we said. It allowed sending a message to the courts to say: be proactive in... managing cases. I think that was the best message that could be sent in terms of consistency.
Hugo Martin (48:24) ...yes, to the court, to the system, but also to defense counsel: you find an advantage for your clients when the trial runs smoothly, moves quickly. Delay represents a delay of justice for the accused, as you mentioned earlier, but for victims too, the population as a whole, delay prolongs the stress, stigmatization, and anxiety of the accused. The longer the delays, the worse it is for the accused in terms of anxiety that can cause. There are also... memories can fade, evidence can disappear. So efficiency, speed, the promptness of the criminal justice system is an advantage, would you say, for the system and the population?
Michel Lebrun (49:09) Definitely, and even for the prosecution and for people denouncing accusations of... things society disapproves of. We want people to be sanctioned, we want trials to be held and the guilty stigmatized and to undergo punishment.
Hugo Martin (49:20) Thank you.
Michel Lebrun (49:27) ...everything contributes to adhering to those principles no matter which side of the criminal justice equation you find yourself on. And what we've observed since the Jordan ruling—and today in 2025—can lead us to the fact that there aren't massive charge withdrawals, it's... a practice that has developed, and I think it's somewhat true across all problems, is that when we come to set a trial date, or the parties declare themselves ready to proceed, we ask people what their perception of the Jordan delay is. We are capable of acting to schedule trials within those delays. When we know the trial will be held within those delays... ...solutions can be found before reaching the deadline that allow holding the trial within a reasonable time. Recently, the Supreme Court validated, for example, a trial judge refusing the prosecution the holding of a trial with a jury... ...once the judge observed that the delay to summon a jury and obtain a process of that nature risked violating rights guaranteed under Section 11(b). So it was judged that this proactive measure had the effect of avoiding the process falling outside a reasonable delay, and the Supreme Court... ...presented that as one of the examples of the proactive approach of courts stemming from Jordan.
Hugo Martin (50:53) ...of...
Hugo Martin (50:53) July 11, 2025... Me Lebrun, we are proud of our Supreme Court for having had that vision. Those delays—30 months, 18 months—provoked things. I hear you and I seem to understand that it also provoked discussion between the Crown and the defense... precisely as you said, impressions of where we are in the trial, in delays, and all that. Do we draw a positive assessment of Jordan looking forward?
Michel Lebrun (51:30) I'd say absolutely. It has allowed engaging discussions going in the right direction and in the overall interest of society, not just the accused. I'll give you an example. The example came to us during COVID. I think that new culture developed since 2016 bore fruit when presented at a point where defense lawyers understood we had to collaborate to develop new ways to manage proceedings, to hold situations, notably video conferences.
Hugo Martin (52:08) ...the...
Michel Lebrun (52:05) ...of many proceedings, notably before the Court... ...what I see today, appellate courts like the Court of Appeal of Ontario and that of Quebec have observed that even the COVID epidemic, which generated a suspension of the justice system for a certain time, was handled in a way, I'd say, so efficiently that we can conclude six months or a year of delay was imposed on the accused because they managed, after a short suspension period, to hold trials within delays that appear to have been reasonable. I think the message of the Jordan ruling was received by everyone... having been part of those discussions myself at the time of COVID, I must tell you it's no longer up for discussion that we cannot sit on our hands.
Hugo Martin (52:55) Yes, you mentioned the COVID era, the Action Committee on Court Operations in Response to COVID-19. And moreover, defense lawyer associations accepted... ...tele-appearances at the time, so you didn't remain stubborn saying no, no, no, we absolutely must appear in person, and recognizing that in-person appearances were impossible.
Michel Lebrun (53:16) ...I think today some progress has been made. Communication channels were developed with the prosecution and defense during the COVID era that still hold up today. Rather than imposing certain solutions like remote testimony, everyone arrived through discussion at the same... ...understanding of in what circumstances it's appropriate, in what circumstances it isn't. There was a gain, I'd say, in terms of efficiency. Even though it was a difficult time for everyone, I think the justice system emerged from it with, once again, the ability to resolve things through dialogue.
Hugo Martin (53:49) ...
Michel Lebrun (53:55) ...while making each of our points prevail.
Hugo Martin (53:58) Me Michel Lebrun, thank you very much for sharing your knowledge and experience, especially in our podcast series 'Shaping Canada: 150 Years of Landmark Decisions'. Without a doubt, Jordan is one of them. Thank you, Michel Lebrun.
Michel Lebrun (54:16) My pleasure.
Outro STD FR (58:21) Thank you for joining us for this episode of Shaping Canada: 150 Years of Landmark Decisions. As we saw today, law is not static; it is alive. Every Supreme Court decision adds a stone to the building of our society. To consult the discussed rulings and learn more about our guests, visit faconnelecanada.ca and browse the episode notes. Subscribe on your favorite podcast platform so you don't miss anything from this series highlighting the 150th anniversary of the Supreme Court of Canada. Thank you to everyone who contributed to this project, notably the Supreme Court of Canada, the Right Honourable Richard Wagner, Chief Justice of Canada, the Honourables Nicholas Kasirer, Suzanne Côté, Andromache Karakatsanis, Sheila Martin, Malcolm Rowe... Thank you also to Michel Lebrun, Mmes Sandrine Raymond, Laurence Lapérière, Laurence Thériault, Peter Warren, and producer Ms. Constance Saint-Pierre. This project was made possible thanks to the Government of Canada. This is Hugo Martin, and I'll see you next time. En
Article de blogue
L’arrêt Jordan : la fin de la « culture des délais » en justice criminelle
Des plafonds stricts, un fardeau renversé — comment 2016 a changé les règles du jeu, avec Me Michel Lebrun
Façonner le Canada : 150 ans de décisions marquantes — avec Me Michel Lebrun
En 2016, la Cour suprême du Canada transforme en profondeur l’administration de la justice criminelle avec l’arrêt R. c. Jordan. Considérée comme l’une des décisions les plus marquantes du droit criminel récent, elle vise à mettre fin à une « culture des délais » qui faisait traîner les procès pendant des années. Derrière elle, un principe inscrit à l’article 11b) de la Charte : toute personne accusée d’une infraction a le droit d’être jugée dans un délai raisonnable.
Pour en retracer l’évolution — des premières décisions comme Askov et Morin jusqu’au bouleversement de Jordan —, nous recevons Me Michel Lebrun, avocat de la défense depuis 1988.
Le contexte historique
L’article 11b) paraît limpide : un inculpé doit être jugé dans un délai raisonnable. « Justice delayed is justice denied », rappelle Me Lebrun. Mais avant les années 2000, le principe restait difficile à appliquer. Les tribunaux savaient qu’un délai excessif pouvait miner la présomption d’innocence, le droit à un procès équitable et la dignité même de l’accusé — souvent détenu en attendant son procès —, sans qu’aucune règle claire n’existe. Il faut dire, souligne-t-il, que la Charte de 1982 avait confié à la Cour suprême un rôle presque nouveau, quasi législatif : donner un sens concret à ces garanties, au fil des dossiers.
La première grande tentative survient en 1990 avec R. c. Askov. Dans une affaire de séquestration et d’extorsion, où le procès n’avait été fixé que deux ans après l’enquête préliminaire — bien au-delà de la norme de six à huit mois que la Cour estimait raisonnable —, la Cour suprême conclut à une violation et impose l’arrêt des procédures. Le choc est brutal : plus de 47 000 accusations sont retirées ou arrêtées en Ontario dans l’année qui suit.
Devant ce séisme, la Cour revient en 1992 avec R. c. Morin. Sous la plume du juge Sopinka — qui cite d’emblée les 47 000 dossiers d’Askov —, elle propose une approche plus souple : on soupèse la longueur du délai, la renonciation de l’accusé, les raisons du délai (y compris les limites des ressources institutionnelles) et le préjudice subi. L’analyse s’individualise, au cas par cas. Mais avec le temps, observe Me Lebrun, cette méthode produit l’effet inverse de celui recherché : les débats s’enlisent dans des dizaines de facteurs subtils, l’attention se fixe sur un « préjudice réel » que les juges apprécient différemment — les uns visant le préjudice inhérent au fait d’être accusé et d’attendre, les autres un préjudice propre au dossier, comme la perte d’un témoin —, et il devient presque impossible de prévoir à partir de quand l’attente devient déraisonnable.
L’affaire Jordan : un délai devenu intenable
En décembre 2008, Barrett Jordan est arrêté en Colombie-Britannique au terme d’une enquête sur un réseau de trafic de drogue. Le dossier s’étire : l’enquête préliminaire, prévue pour quatre jours, en prend neuf, et le procès ne s’ouvre qu’en 2012 — plus de 49 mois après le début des procédures. Jordan réclame un arrêt des procédures pour délai déraisonnable, mais les tribunaux de première instance et d’appel le rejettent, faute d’un préjudice particulier démontré. Or, pour Me Lebrun, ce raisonnement illustre précisément le problème : exiger la preuve d’un préjudice devient un obstacle quasi insurmontable, alors que des années d’attente constituent déjà, en soi, un préjudice évident. Saisie du dossier, la Cour suprême juge que le cadre Morin ne fonctionne plus — et décide de repartir sur de nouvelles bases.
La décision Jordan : la Cour change les règles du jeu
La majorité adopte une approche radicalement nouvelle : des plafonds présumés. Désormais, un délai de dix-huit mois pour les affaires instruites en cour provinciale, et de trente mois pour celles qui comportent une enquête préliminaire ou sont instruites en cour supérieure, marque la limite du raisonnable. Au-delà, le délai est présumé déraisonnable, et il revient alors à la poursuite — et non plus à l’accusé — de démontrer une « circonstance exceptionnelle » : une maladie imprévisible, la disparition d’un témoin essentiel, la complexité inhabituelle d’un mégaprocès. Ce renversement du fardeau, souligne Me Lebrun, rend enfin le droit compréhensible et prévisible : les avocats savent dès le départ où ils s’en vont, les juges peuvent mieux piloter l’avancement des causes, et le système est contraint d’éliminer les retards inutiles.
L’arrêt des procédures : une conséquence lourde, mais nécessaire
Lorsque le plafond est dépassé sans justification valable, la sanction est l’arrêt des procédures. Ce n’est ni un acquittement ni un verdict d’innocence, précise Me Lebrun : c’est simplement la fin du procès, sans condamnation possible. La conséquence est lourde, mais elle protège un principe cardinal : la justice ne peut pas fonctionner si elle arrive trop tard.
Un nouveau regard sur la justice criminelle
L’arrêt provoque d’immenses débats. Certains redoutent une vague d’acquittements techniques; d’autres y voient l’urgence, pour l’État, d’investir dans les tribunaux et les procureurs. Un an plus tard, dans R. c. Cody (2017), la Cour suprême confirme sans ambiguïté qu’elle ne reculera pas : Jordan est là pour rester. La décision a transformé la culture judiciaire, note Me Lebrun : les parties collaborent davantage, planifient les échéanciers, déposent leurs requêtes rapidement. La pandémie de COVID-19 en a même été une démonstration éclatante — comparutions virtuelles, gestion proactive de la preuve, collaboration accrue —, preuve que le système sait innover lorsqu’il se rappelle que les délais ne sont pas un détail administratif, mais une question fondamentale de justice.
L’héritage de Jordan
Jordan a remodelé la justice criminelle canadienne en inscrivant dans les pratiques quotidiennes un principe simple : un procès trop tardif est un procès injuste. Il protège non seulement les accusés, mais aussi les victimes, les témoins et la confiance du public envers le système. Il demeure aujourd’hui une décision charnière, qui continue de façonner la justice canadienne.
À propos de notre invité
Me Michel Lebrun est avocat de la défense à Trois-Rivières depuis 1988. Reconnu comme l’un des criminalistes chevronnés du Québec, il a été bâtonnier du Barreau de la Mauricie en 2003-2004 et a présidé, jusqu’en 2022, l’Association québécoise des avocats et avocates de la défense (AQAAD). Fort de près de quatre décennies de pratique, il porte sur l’évolution du droit à un procès dans un délai raisonnable le regard de celui qui en a vu, de l’intérieur, toutes les transformations.
Conclusion
D’Askov à Morin, puis à Jordan, la Cour suprême aura mis plus d’un quart de siècle à traduire en règles applicables une promesse de la Charte : être jugé dans un délai raisonnable. En substituant des plafonds clairs à une analyse devenue insaisissable, Jordan a rappelé à tout un système que la rapidité de la justice n’est pas un luxe, mais une condition de sa légitimité.
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Envie d’entendre Me Lebrun raconter, dans ses propres mots, le chemin qui mène d’Askov à Jordan et la révolution des plafonds de délais? Écoutez cet épisode de Façonner le Canada : 150 ans de décisions marquantes, sur votre plateforme d’écoute préférée. Abonnez-vous pour ne rien manquer de cette série soulignant le 150e anniversaire de la Cour suprême du Canada, partagez-la avec vos collègues et vos proches, et dites-nous en commentaire quelle décision de la Cour vous a le plus marqué.
Invité : Me Michel LeBrun, avocat criminaliste
Animation : Me Hugo Martin · Réalisation : Me Hugo Martin
Recherche : Sandrine Raymond
Édition et révisions : Laurence Laperrière, Laurence Thériault
Production : Rivercast Média s.a.
Guest: Me Michel LeBrun, Criminal Defense Lawyer
Hosting: Me Hugo Martin · Direction: Me Hugo Martin
Research: Sandrine Raymond
Editing and revisions: Laurence Laperrière, Laurence Thériault
Production: Rivercast Média s.a.